Le Petit Prince en orbite autour de la mer … Voyage vers l'Essentiel …


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Au pied des glaciers …

L’automne commence peu à peu à céder sa place à l’hiver.

La neige recouvre Ushuaia, et les montagnes alentour.

La nuit se fait plus présente, le jour se lève à 10h là-bas et se couche à 18h00 (-1h coté Chilien).

Il est temps, temps d’aller se promener dans les fameux canaux de Patagonie, au pied des glaciers …

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On pensait remonter jusqu’à Puerto Montt, tout au Nord des canaux chiliens, et revenir au printemps, mais  finalement  nous prévoyons un court séjour en France, mieux vaut donc rester dans les alentours ……

L’objectif est clair : en prendre plein les yeux, seuls en plein cœur de cette nature magnifique, sauvage mais aussi parfois démesurée, violente. Et aussi : tester notre autonomie pour l’Antarctique.

3 mois d’approvisionnement, de gasoil, de gaz, mais aussi d’ordures ….

Les appros sont épiques : heureusement, Ushuaïa, telle une grande station de sports  d’hiver, dispose de supermarchés bien achalandés, et viande argentine sous vide et température frigorifique à l’extérieur nous aideront à gérer les stocks !

200 œufs, 45 kg de farine, 35 litres de lait, 25 kg de pates, 20 kg de riz, 20 kg de pommes de terre, 8 kg de carottes, 12 giromons, des centaines de boites de conserve et seulement … etc  etc  …

Une bonne dizaine de caddies bien remplis mais heureusement livrés … de quoi voir descendre la ligne de flottaison de quelques centimètres …

Emballages retirés, traitement anti-cafard au passage, et casse-tête du rangement ! Equipets intérieurs archipleins, coffres extérieurs un peu mis à contribution aussi … mais tout est rentré, bien calé, bien trié, bien conservable et bien inventorié !!! 

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Bilan de nos 3 mois d’autonomie : on aura été un peu court … en vin et en chocolat !!!

 

Quelques bonnes soirées avec les potes, dont Manu, navigateur solitaire de 24 ans, qui parti sur sa petite Chimère de 9 m, envisage, après le Groenland et la Patagonie, d’aller admirer lui aussi les splendeurs de l’Antarctique … Manu, fou de la Vie, pas un sou en poche, mais qui déclame qu’  « avec sa jeunesse, le temps dont il dispose et sa liberté, Bill Gates est un clodo à coté de lui » ………. Manu, remueur d’âmes tranquilles, qui met le feu partout où il passe …..

Quelques tours de luge avec les copines Emma et Mia aussi, et c’est l’heure du départ pour Puerto Williams, où les derniers préparatifs et surtout les papiers doivent être faits car les canaux sont coté chilien  … Des au-revoirs émouvants, mais cette fois, on peut se dire : «A bientôt, on se reverra en Octobre ! »

Franck  s’occupe de l’aspect technique final : outre bien sûr la maintenance habituelle,

 c’est le remplissage du gasoil : 1000 litres pour moteur et chauffage …. Car ici, la navigation dans les canaux au vent très changeant en force et direction, se fait beaucoup au moteur, et le poêle, qu’on a allumé depuis qu’il faisait 9°C au réveil dans le bateau, est indispensable et nous maintient une température intérieure entre 16 et 25 °C bien agréable lors de nos retours de vadrouille ou de veille, et plutôt apprécié pour le séchage des vêtements !

Les bidons nécessaires sont ficelés sur le pont, impec !

C’est aussi le plein de gaz : 3 bouteilles de 11 litres devraient suffire …

Quant à l’eau, entre dessalinisateur et cascades, pas de problème par ici !

 

Autant dire que le bateau paraît bien lourd  à notre départ fin mai de Puerto Williams ……… direction l’île Gordon et les glaciers de la Cordillère Darwin …

C’est l’heure de notre premier sillage dans une fine pellicule de glace … elle paraît si fine, mais le bruit de la glace brisée sur la coque est déjà si impressionnant !

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 De petites caletas (baies) abritées et enneigées se succèdent, magnifiques, le long du Beagle  ….

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Les courtes navigations nous autorisent souvent une ballade à l’arrivée, avant la tombée de la nuit, au début …

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Après le grand ciel bleu synonyme aussi de grand froid – le thermomètre plafonnera longtemps à -10°C – …

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C’est l’arrivée du mauvais temps assez continu : on se met à l’abri tranquillement dans une caleta hyper protégée par vent d’Ouest : Caleta Borracho, et on attend … Au programme, cabane, barbecues dans la neige sur la plage, bonhomme de neige, petites ballades, école, anniversaire de papa et activités intérieures …

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 Et puis, nous rallions cette escale dont tant de monde nous a parlé, des étoiles plein les yeux : l’Estancia de Caleta Ferrari, à Yendegaïa, chez Jose ……. 

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Une semaine passée au rythme de ce gaucho, timide, généreux, décivilisé, et surtout parfaitement en phase avec la nature ….

« une fois on m’a invité à un match de foot à Santiago, je me suis retrouvé avec 60 000 personnes autour de moi …. Je m’étais souvent trouvé avec 30 000 moutons, mais 60 000 personnes, alors ça  ;-( …. »

Entouré de ses 10 chiens et  4 chats -le Paradis des enfants qui adopteront littéralement un petit catou tout roux aux allures de Freemouss, Gatito alias Mona-  ,

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il est en charge d’une propriété de 40 000 hectares, achetée par un américain visionnaire, pour ses ressources … d’eau …. Pas le droit d’y chasser du guanaco (sorte de lama) ni d’y couper du bois pour se chauffer …

Il y a attrapé et dressé des chevaux sauvages, dont certains à tâches roses, qu’il laisse en liberté dans la propriété, au pied des glaciers, et va chercher au besoin …. 

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 Le bois, il va le couper à 2h de bateau sur la rive d’en face. Le gaz et le foin- dont il nourrit à tour de rôle ses chevaux pour les renforcer, surtout en hiver -,  il va les récupérer chez les carabineros, à 2 h de bateau encore …

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A 2 heures à cheval du premier téléphone, sans accès par la route, il vit sur quelques kilos de riz achetés, ses fruits et légumes cultivés et surtout , sur la vache ou le taureau sauvage qu’il va tuer pour se nourrir et nourrir sa meute-ou la vendre aux pêcheurs qui dans toute la région le connaissent …

Les canalisations gèlent ? Qu’à cela ne tienne, il va chercher un des chevaux sauvages qu’il a dressés et qui sont laissés en liberté au pied des glaciers … un coup de traineau à la rivière et ça repart …

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 Impossible de chasser la vache à cheval avec cette épaisseur de neige ? Tuons un cheval.

On peut aussi poser le filet à robalo, un délicieux poisson, qu’en pensez- vous ?

Ou aller poser un casier à centollas, ces fameux king-crabs (crabes royaux) de 60 cm de diamètre dont asiatiques, américains et nous raffolons ?

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 Ou aller chasser du lapin ? du castor ?

Magnifique !
Que dire encore des superbes randonnées à cheval, dans la neige, à traverser des rivières gelées – à se demander parfois si on va y remplir nos bottes !, au milieu des condors et au pied des glaciers …

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 Le Pied Géant !

Merci Jose, merci pour tout, merci pour ton accueil, ta simplicité, ta gentillesse, ce partage.

 

On le savait : c’est un piège ! on s’y sent tellement bien que c’est presque un arrachement de devoir partir !

Heureusement, Yoann, sur Saturnin, arrivé quelques jours après nous, a déjà levé l’ancre ce matin.

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 Allez, on se motive ….

 

Le Petit Prince se lance à la découverte des glaciers …… Nous embouquons le Brazo Noroeste (bras NW)  du Beagle …

Waouh ….

Premier et énorme glacier aux couleurs fantastiques : le glacier Hollanda, au pied duquel s’étend la Caleta Olla …

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Parfaitement abritée par une barrière de hauts arbres, par vent d’Ouest , le nom de Olla sera bientôt remplacé par son surnom, judicieusement  inventé par le capitaine : Caleta Olla-la !

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Oui, car par vent de Nord-Nord Est voire même Nord, la donne est bien différente : le vent contourne la montagne …. Et nous arrive de face en puissantes rafales … avec un bateau mouillé à quelques 10 m de la plage -heureusement de sable – à laquelle il est amarré par 4 bouts. Ou comment se demander à 5 h du matin comment gérer le bateau avec son ancre qui a dérapé …

Lutte au moteur avec risque de le remplir de sable ? Couper nos amarres, et après, on va où,  sans nos amarres qui plus est ? Aller de nuit et dans le vent poser une amarre de 250 m à l’avant ? Se laisser échouer proprement sur la plage, sachant que les conditions seront favorables à un déséchouage ultérieur ?

La décision est prise, nous échouons proprement le bateau de 20 cm dans le sable … Dommage, nous ne savions pas que c’était …. sur la dernière rafale !

Quelques heures plus tard, le bateau est tranquillement déséchoué …

C’est décidé cette fois, nous achèterons une nouvelle et bonne ancre !

Cet épisode décidera de beaucoup de nos futurs mouillages : nous l’avons compris, la configuration des lieux et la force des vents rendent la direction et la force des rafales des plus aléatoires dans la plupart des mouillages … Dorénavant, nous choisirons donc systématiquement des caletas où des amarrages en étoile (2 amarres à l’avant, 2 à l’arrière) sont possibles et fiables.

Nous réalisons que nous ne connaissons qu’un seul bateau privé qui n’ait pas eu d’incident de ce type (à notre connaissance du moins). Bomika, sur la plage, son hélice arrachée par sa chaine lors d’un dérapage. Vagalam, Passoa 50, éventré sur les cailloux entre Puerto Williams et Ushuaia pour un problème de filtre à gasoil, avec des voiles non préparées … Chimère, sur les cailloux à Deseado et encore lors de sa remontée à Puerto Montt … Caledonia, casse de son système de dérive relevable lors d’un dérapage, arbres et bouts cassés. Reskebil, sur les cailloux à Deseado. Un Norvégien, sur la plage à Puerto Williams. Saturnin même, dont le capitaine, Yoann, marin de Jérôme Poncet (Damien), le « gourou » de l’Antarctique, nous avouera s’être lui aussi mis sur la plage quelques jours avant de nous voir. Etc etc.

Conclusion : Pas le droit  à l ‘erreur. Pas le droit à l’impasse. Pas de réaction dans la précipitation. Connaissance parfaite de son bateau indispensable.

 

Une randonnée pour aller au pied du glacier, se transformera en découverte des ravages impressionnants réalisés par les castors … ou ballade dans un superbe dédale marécageux gelé …  

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 Et puis, nous continuons notre route, direction les « senos », les « fjords ».

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Il faut partir dès le lever du jour maintenant car le temps de navigation a beaucoup raccourci : la nuit tombe bien plus tôt et nous devons finir les manœuvres d’amarrage à 16h30 au plus tard.

C’est notre premier contact cette fois, avec des glaçons tombés des glaciers … Première navigation dans le brash. Bruit des glaçons qui heurtent la coque. Doucement, tout doux ….

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Marc de Shag 2 arrive lui aussi dans le Seno Pia. Lui qui était 2 fois en Antarctique, n’hésite pas, avec son bateau en aluminium de 16 m …

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C’est bon de ne pas se sentir trop seuls dans cette première expérience au milieu des glaces, on hésite moins, on apprend à reconnaître les glaçons les plus dangereux –les plus transparents-, à savoir comment les prendre, à rester zen malgré les glaçons de 2mx3m qui viennent se bloquer contre le voilier et qu’on doit libérer.

La température de l’eau a beaucoup baissé à l’approche des glaciers : de 5 ou 6° à Puerto Williams, elle est tombée à 2-3° en moyenne, et nous l’avons même vue négative : -0,6°C à la Caleta Beaulieu, au pied du glacier Romanche dans le Seno Pia …………

Une grosse dépression passe … 60 nœuds en rafales sur notre zone.

A quelques encablures des bateaux, nous distinguons clairement la mer qui fume …. Heureux nous sommes de ne pas nous y trouver. L’abri n’est pas exceptionnel ici non plus, mais nous tenons, amarrés par 7 bouts en tout et 2 ancres, dont celle de Marc surtout, que par un heureux hasard des discussions, nous négocions et que Marc devra nous envoyer à son arrivée à Puerto Montt, au Nord des canaux  … Deal dont nous sommes très heureux vu l’impossibilité de trouver une bonne ancre ici ou même à Buenos Aires …

 

De bonnes soirées entre amis, de belles ballades au pied des glaciers, en annexe ou en voilier, survolés parfois d’un majestueux condor …

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Puis Marc et Djamilah  son équipière partent ensuite pour le Nord, tandis que nous continuons notre route vers le Sud Ouest …

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La durée du jour et les nombreuses caletas gelées  parfois complètement inaccessibles –comme 5 estrellas (la caleta 5 étoiles) – à moins d’accepter le risque de la casser et d’être à son tour repris dans une glace épaisse et de passer l’hiver là ….  nous forcent à de courtes navigation nous autorisant une autre option le cas échéant …

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Des caletas minuscules et hurricane-proof (hyper protégées) ou ventées mais protégées de la mer se succèdent, plus belles les unes que les autres, donnant souvent l’occasion de superbes ballades …

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Et puis, nous arrivons à l’extrémité Ouest de l’île Gordon, que nous contournons via le Barro Merino, superbe canal qui débouche sur le Brazo Sudoeste (bras SW) du Beagle … et l’Océan Pacifique …

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A notre grande surprise, l’Estero Coloane, magnifique cirque entouré de 3 glaciers, est libre de glace, contrairement à ce qu’avait trouvé Yoann quelques semaines plus tôt.

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La température est bien remontée : des -10° du début du périple, on est passé entre -3 et +5°C …

Nous profitons de cet endroit sauvage et d’une paisibilité absolue en apparence …

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Et décidons, après l’avoir testé lors d’une petite dépression, d’y rester pour une énorme dépression qui passe dans le Drake (passage entre le Horn et l’Antarctique), se creusant à 934 mb, avec des vents gribs annoncés un peu plus au sud à 65 nœuds et sur nous autour de 40-45 nœuds gribs (c’est-à-dire à chaque fois, beaucoup beaucoup plus en réalité …)

Nous apprendrons plus tard que même les pêcheurs n’avaient pas vu ça depuis 10 ans …

Nous reculons le bateau au maximum dans les arbres,

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le ficelons par 10 bouts et 110 m de chaîne d’ancre.

 

Advienne que pourra …………

Nous sommes à l’extrémité d’une zone météo de l’armada. 60 nœuds en rafales annoncés.

Sur la zone juste à coté : 80 nœuds en rafale. Hmmmmm …

Et là … quelques mauvais moments en perspective …

Opération Zen ……

Une minute de vidéo pour comprendre sur : http://youtu.be/Gzwofg-G0c8 ….

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Peu avant la tombée de la nuit, ça y est, notre paisible cirque se transforme en un enfer bouillonnant. La mer qui fume à 20 m du bateau. Des tourbillons qui soulèvent des montagnes d’eau. Les rafales qui dégringolent des montagnes, et s’écrasent puissamment au niveau de l’eau.

Et tout ça qui vient parfois mourir sur le bateau.

41 nœuds seulement mesurés sur notre anémomètre, qui perd les pédales et sous-estime probablement la vitesse du vent, car moyenne la vitesse sur 10 secondes et en tête de mât dans ces rafales déboulant de tous cotés, rapides et au niveau de la mer …

Nous prenons notre mal en patience. Notre amarrage tient bon, tout va bien. Nous commençons même à admirer la puissance des éléments qui se déchaînent pendant 2 demi-journées. Les enfants, comme dans n’importe quelles conditions, sont à la cool …

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Et puis, qu’est ce que c’est que ce truc ? un tourbillon énorme, de 100 m de diamètre et assez stationnaire, à 200 m du bateau. Celui là, il ne faut pas qu’il arrive jusqu’à nous …

Heureusement, de ceux-là, nous n’en verrons que 2 …..

Mais cela suffira à nous faire déguerpir malgré un jour blanc entre cette dépression et la suivante, dont le front chaud arrivait seulement 6 h après le front froid de la précédente …………

 

Ouf. La paisibilité retrouvée, même lors d’une dépression assez puissante, c’est reposant.

La Caleta del Bosque, dans l’Estero Fouque long de 11 milles, nous paraît un havre de paix.

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Estero Fouque, Estero Penhoat, nouveau cirque, nouveaux glaciers, nouvelles caletas …

Paysages de toute beauté.

Force et puissance de la Nature.

Beauté.

Harmonie.

Pureté.

Silence parfois troublé par le grondement d’un glacier ou le grognement d’un lion de mer.

Condor qui plane majestueusement.

Glaçon qui se promène au gré des courants.

Tout simplement.

L’homme a-t-il vraiment sa place ici ?

 

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Nous retrouvons notre ami Jose à la Caleta Ferrari, Bahia Yendegaia,  pour clôturer ce périple en beauté ……..

Au programme : Partage,  randonnée, rencontre avec des pêcheurs venus « commander »  de la viande à Jose, chasse aux castors et première ballade à cheval en autonomie pour notre preux chevalier, Sieur Titouan  …

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Avant de rentrer à Puerto Williams pour y  faire le bilan de nos 3 mois passés en autonomie …

C’est validé : nous sommes au point, tant en terme technique et de préparation du bateau, qu’en terme de gestion du froid, des approvisionnements, des consommables et des ordures …

A prendre en compte quand même, la pêche dont nous aurons bénéficié alors qu’elle est interdite en Antarctique.

 

… et  préparer notre départ pour la métropole ………..

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A bientôt !

 


Envie de Cap Horn …

Et si on commençait par le Horn ?

Après 3 semaines passées à Ushuaia, puis 3 semaines à Puerto Williams où les enfants scolarisés commencent à se familiariser à l’espagnol et se font leurs premiers amis … nous voilà partis pour ce Cap de tous les superlatifs, au palmarès effroyable …. Il n’y a qu’à regarder certaines cartes indiquant les épaves pour comprendre à qui nous avons à faire … et à réfléchir un peu au pourquoi ? … baigné dans de forts courants, entouré qu’il est d’un plateau continental rendant la mer très désordonnée, mer qui fait à cet endroit le tour de la planète sans trouver d’obstacle … c’est dire la force des éléments sur le cap le plus austral du monde au passage d’une dépression ….

C’est donc avec beaucoup de cette humilité qui est la nôtre depuis « notre » tempête dans le Golfe de Gascogne en 2003, que nous abordons cette navigation …

De Puerto Williams, nous sommes à un petit 100 milles (180 kms) du Cap Horn, et pourtant l’analyse météo est de rigueur …

Une petite fenêtre météo s’ouvre en ce milieu d’avril … juste le temps d’y aller, de le contourner, et de s’abriter, pas bien loin, là bas …

On se lance, même si on aurait bien aimé flâner un peu plus dans l’archipel des Wollaston qui l’entoure, parait il, si joli et si hostile à la fois.

Puerto Toro –cette fois le village le plus au sud du monde, décidément, Ushuaia, Puerto Williams et Puerto Toro se battent à qui mieux mieux pour ce titre !- , petit village de 27 habitants (càd 17 carabineros (police) et autres armada pour 2 familles de pêcheurs réunissant difficilement 10 âmes …), s’ouvre à nous avec son lot de bateaux de pêches …

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 Une visite chez Gaston, Jessica et  leurs 3 enfants, de l’Armada - merci beaucoup pour votre accueil !-, quelques échanges avec les pécheurs, matériel, nourriture  et discussions, et on se donne rendez-vous à 5h45 le lendemain pour le départ …

Mais voilà, pêcheurs et plaisanciers ne vivent pas dans le même monde, ici ou ailleurs … ou comment entendre à 5h30 pendant la préparation de l’indispensable kawa, un bruit d’amarres sur nos haubans (câbles qui tiennent le mât) … Merde mais qu’est ce qu’ils foutent … Tenue d’Adam de rigueur, Franck sur le pont s’empresse de démarrer le moteur : les cons ! ils ont largué nos amarres alors qu’on est à 50 m des cailloux ! les cons ! ce n’est pas vrai ??? ils en ont oublié une et nous remorquent  par un taquet arrière comme un gros casier !! On gueule tout ce qu’on peut et enfin nous sommes libérés …

Quitte nous sommes pour un départ prématuré, de nuit, vers les Wollaston !  

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 Les îles défilent sous un beau ciel dégagé, puis arrive la fameuse et redoutée Baie Nassau, entre Puerto Toro et l’archipel des Wollaston, connue pour sa mer déjà mauvaise …

Nous apercevons au loin des îles à l’allure fantomatique, énigmatique, aux sommets enneigés, comme saupoudrés, dont les  formes biscornues nous intriguent … ce sont les Wollaston … et puis, qu’est ce que c’est, là bas ? comme un mirage, nous croyons voir … un iceberg !! comme un tabulaire posé sur l’eau et puis, non, nous nous rendons compte qu’il s’agit bien de montagne dont la neige plonge jusqu’à la mer …. 

9h … L’heure est au dernier fichier météo …

Ah ! la dépression s’est creusée ? 44 nœuds prévus au Horn au lieu des 35 ? Ah … euh… on ne ferait pas demi-tour ?

Grand bien nous a pris … nous apprendrons  quelques jours plus tard que le phare du Cap Horn a enregistré des rafales à 100 nœuds (180 km/h) pendant cette dépression …  plus fort que le cyclone que nous avons connu en Martinique …..

OK, reçu 5/5, dorénavant, on respectera la règle : le Horn, ou le passage du Drake (entre le Horn et l’Antarctique), c’est toujours avec maximum 25 nœuds annoncés sur tout le long, sinon, tu oublies ….

Nous allons donc nous abriter pour la nuit sur l’île Lennox avant de remonter plus au Nord pour s’éloigner de la dépression et se mettre à l’abri dans les canaux …

Et voilà qu’en plein milieu du repas, 2 bateaux de pêche (au bas mot 45 T à eux deux), amarrés à couple sur l’ancre du plus petit, nous dérivent tranquillement dessus …. Rebelote … Ca gueule, coups de corne de brume, on retient les bateaux à la main, à 50 cm de notre balcon avant, et à 50 m encore des cailloux …. Les marins rigolent mais ne bougent pas … Grandiose ! Enfin, les capitaines arrivent et réagissent ! Le plus gros est sur notre chaîne d’ancre, seul le plus petit peut manœuvrer pour les dégager … Ouf … c’est ce qu’on appelle une journée pêcheurs !!

Le lendemain et pour quelques jours, repos bien mérité après une navigation tranquille jusqu’à ce petit coin de paradis dans le Beagle, qu’est la Caleta Tres Mares …

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 Ballade auprès de chevaux sauvages … ou encore jusqu’à une ancienne estancia …

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Les petits comme les grands en prennent plein les yeux ….

Quelle récompense bien méritée !

La dépression est passée, bien planqués, on n’en n’aura pas ressenti grand-chose … ce qui n’est pas le cas de ces « arboles banderas » (arbres drapeaux) littéralement sculptés dans le sens du vent. 

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 Et c’est reparti, cette fois, c’est une fenêtre météo comme JE les aime : près d’une semaine annoncée tranquille ….

Puerto Toro, puis la fameuse Baie Nassau, mouvementée un peu, mais pas trop quand même …

Et puis, c’est l’Archipel des Wollaston, énigmatique, avec ses sommets saupoudrés et ses pentes d’apparence si sèche et pelée, baigné par endroits par de puissants courants qui déjà par temps calme nous  font faire un tour sur nous-mêmes …. On imagine les marmites d’eau bouillonnante quand le vent qui amplifie les courants est de la partie …… 

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Puerto Maxwell, sur l’île Hermite, est là, ce sera notre escale en attendant la fenêtre pour passer sous le rocher mythique …

Accueillis nous sommes par un ballet de lagénorynques obscurs (dauphins), d’otaries et de lions de mer qui passent gentiment sous l’annexe  alors qu’on va finir l’amarrage … petit moment de solitude …

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 Et puis les jours passent. La fenêtre ? un jour continu de pluie, puis 2 jours blancs, continus, de neige.

Et enfin, en ce dimanche 22 avril … le ciel bleu est de retour, avec un vent assez modéré ……

Cette fois …. C’est parti …

Nous remontons nos 3 amarres, notre ancre, nous faufilons entre les rochers et débouchons dans  … le Pacifique !

Nous admirons les quelques îles qui précèdent l’île Horn et soudain il apparaît, comme un éléphant posé sur l’eau …… 

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 Le voilà, il approche.

Des dents ciselées sortent par endroits au large des îles, et puis des cailloux à fleur d’eau au milieu de nulle part, qu’on imagine particulièrement traîtres par mauvais temps ou mauvaise visibilité.

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 Le Petit Prince les contourne, et passe le Cap Horn par 56,00°S ……… 

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Des pensées pour tous ces explorateurs, tous ces aventuriers passés là avant nous affluent.

Des pensées pour tous ces marins engloutis ici.

Comme un hommage.

 

Autre époque, autres moyens c’est sûr … mais …

Nous y sommes. En famille, sur notre voilier et par nos propres moyens.

L’accomplissement d’années de travail et de rêve : Le Petit Prince et son équipage sont Cap Horniers !

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 Et puis, le regard se tourne vers le Sud, seul le passage du Drake nous sépare de l’Antarctique qui déjà nous appelle …

 

Et voilà que Titouan veut maintenant sa boucle d’oreille de Cap Hornier ! Aïe !!  Tout juste lui accordons nous parfois son droit à pisser au vent !

 

Petite déception quand même, nous aurions aimé débarquer sur l’île mais le vent d’Est, mal orienté, nous en a empêché …

Mais le lendemain, Ivan, le gars de l’Armada en charge avec sa famille, du Cap Horn, nous appelle pour nous informer que les conditions de vent, d’ouest cette fois, pourraient nous permettre de débarquer …

Et c’est reparti … La météo, nous l’avions déjà constaté, est très changeante en Patagonie … en une journée, les 4 saisons … alors d’un jour à l’autre !

C’est sous la pluie battante que nous quittons la Caleta Martial, sur l’île Herschel, et abordons  l’île Horn cette fois par l’Est où est située l’unique caleta, la Caleta Leon … Hmm … ca déferle bien quand même … hmm … 25 nœuds. Hmm … mais le vent est bien orienté et ne rentre pas directement. Hmm. Il faut de l’audace après tout ! Bon. Mais, si on lâche l’ancre suffisamment loin pour éviter –peut-être – d’emmêler notre ancre avec toutes les chaînes connues pour accrocher tout ce qui arrive au fond, ne sera t’on pas trop dans le vent ? Bon. Allez, on y va, on verra bien.

Et puis, le débarquement en annexe. Hein hein … Du kelp à droite, des déferlantes sur un rocher à gauche, des énormes galets sur la plage où ça déferle sec. Hein hein. Bon, allons  y à la rame.

Ouf, c’est fait et Ivan nous accueille sur la plage, extirpe en vitesse les enfants et nous aide à remonter l’annexe à l’abri des vagues.

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 Nous y sommes !

On pensera au retour un peu plus tard !

Ivan et sa famille nous font partager leur univers, eux qui vivent là, seuls, pour un an, à surveiller le passage des voiliers et autres cargos.

Le Monument aux Cap Horniers, l’Albatros  errant, celui qui emmène sur ses ailes et pour l’éternité,  tous ces marins qui ont perdu la vie ici,  est là, devant nos yeux, avec en arrière-plan ce fameux Cap, hier si majestueux, aujourd’hui presque sinistre mais toujours aussi redouté  …

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Nous apprenons qu’hier, nous étions le voilier le plus au Sud, du moins du continent Américain ! mais aujourd’hui notre pote Brice, de Podorange, s’apprête à débarquer lui aussi,  en laissant pour sa part quelqu’un à bord pour ne pas lâcher l’ancre …

 

Et puis, c’est la visite du Phare, puis de leur maison où ils nous accueillent chaleureusement …

De la cuisine, une vue fantastique : l’Atlantique à gauche, le Pacifique à droite, et là bas, un peu plus loin, au milieu … l’Antarctique !

Le quartier de l’école est là, car eux aussi, sont en autonomie … Echange de méthodes …

Et puis, le coin météo, avec tous les indicateurs et autres radars …

Ah ! Le vent est en train de monter, c’est souvent le cas l’après-midi apparemment … Ah. 45 nœuds en moyenne. Bon, il va falloir y aller ………

Toute la famille nous accompagne après ces quelques 3 heures passées ensemble … Embarquement un peu tendu mais tout s’est bien passé … Petit stress au moment de remonter l’ancre, mais là encore, notre Bonne Etoile, comme dirait Manu, était avec nous ……

Merci Ivan, Ivan Jr, Daniella et Paula … et peut être à bientôt !

142-Merci

 Une belle marche le lendemain sur les sommets de l’Ile Herschel, où nous avons été incroyablement surpris par cette terre en apparence si sèche mais en réalité si gorgée d’eau et de canyons où le sol, de la tourbe, est mou et bouge à plus de 5 m quand quelqu’un saute …

Encore quelques beaux mouillages –la caleta Lientur, et autre caleta Middle sur l’île Wollaston- pour visiter cet archipel – parc naturel du Cap Horn -  si isolé, si sauvage et nous l’espérons pour longtemps encore, si préservé …

Et nous profitons du dernier jour de vent de Sud avant l’arrivée d’un vent de Nord –càd de face, bof bof !-  annonciateur de dépression … pour regagner tranquillement Puerto Williams, notre nouveau port d’attache, nous gorgeant encore au passage des beautés que nous offre cette contrée magnifique ……

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Nous avons encore trop de choses à découvrir dans ce superbe archipel, dont nous n’aurons exploré, en une semaine, quasiment que la partie Est … C’est sûr, nous reviendrons …

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Ushuaia et Puerto Williams, soeurs ennemies

Ushuaia …

Cet endroit du bout du monde que nous espérions, objet de tous nos efforts de ces dernières années, Ushuaia, cette fois nous voilà …

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Envoûtés nous sommes par la magie de ces montagnes qui plongent dans la mer ……  de ces paysages époustouflants, omniprésents et mystiques.

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A peine arrivés en Terre de Feu que déjà nous comprenons l’évidence : notre Paradis est là, sous nos yeux …… et ce n’est pas les quelques mois que nous prévoyions initialement qui suffiront à l’explorer …………

 

Et puis, c’est la rencontre avec ces voiliers mythiques, dont on entend parler pour certains depuis bientôt 10 ans ……  Valhalla, Vaihere, Podorange, Esprit d’Equipe, Paradise, Parati 2 et même Kotick, qui nous offrira notre premier objet magique : un de leurs baromètre … Merci Alain, merci Claudine !

Oui. Magie du Grand Sud. Plus de barrière, la solidarité est là, petits et grands, spécialistes ou non, se cotoient, s’entraident  et s’apprécient en toute simplicité …

Les enfants font la connaissance de Gaston, petit bout d’homme au caractère bien trempé, qui du haut de ses 11 ans, avec ses parents Pascal et Bernadette, vadrouille de l’Antarctique jusqu’au Groenland depuis des années …… 

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Mais aussi de Mia et Emma,  grandes  complices de leurs escales à Ushuaia , dont les parents, Eric et Claude, de Vaihere, deviendront aussi  nos amis les plus proches, à nous parents. 

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C’est aussi le retour d’Antarctique de Nemo of Sweden, mais avec pour seul homme à bord … Martin, le Viking,  équipier, épuisé mais heureux, son capitaine ayant été rapatrié en Suède suite à des crises de folie, une fois arrivé en Antarctique ….. 4 jours de traversée du Drake, 4 jours à repousser  toujours plus loin ses limites pour sauver sa peau dans ces mers réputées les plus dures du monde …………………….

Antarctique. Antarctique sur toutes les lèvres.  Martin, Damien comme équipier ? Et puis non, à force de discussions,  c’est tout seuls, en famille, que nous prévoyons de vivre « le voyage d’une vie », au prochain été austral …

 

Quelques fêtes entre amis et c’est le départ pour le Chili, de l’autre coté du Beagle d’où nous pourrons rendre visite au Grand Cap, le Cap Horn, ou encore,  aux foultitudes de glaciers qui parsèment les canaux chiliens …

Le temps de signer comme à chaque départ d’un port argentin une déclaration comme quoi nous ne nous rendons pas aux Malouines …. car les Argentins du Nord au Sud, 30 ans après, en ont toujours après les anglais ……

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Et c’est ainsi que sur toutes les voitures d’Ushuaia ou presque, on peut lire « Ushuaia, capitale des Malouines Argentines » …………. Ou encore, que tout voilier de retour des Malouines en Argentine, parti là-bas sans avoir d’autorisation préalable, est passible de 5000 euros d’amende ……..

 Les tensions territoriales avec le Chili se ressentent aussi … Ainsi le Beagle est il très surveillé par les 2 parties, avec –sous prétexte de sécurité en navigation- des contrôles de la Préfecture Navale Argentine et de l’Armada Chilienne tous les 10 milles …. On n’était pas venus ici pour subir ce carcan là mais on s’y fait …..

Et les îles chiliennes , truffées par eux-mêmes de mines antipersonnel, qui  commencent juste à être praticables sans danger …..

Inutile de vous battre, le Beagle est FRANÇAIS !!!!

Car les 2/3 des voiliers ici battent bien pavillon français !!

 

Quelques heures suffisent pour rallier Puerto Williams, port d’entrée au Chili mais aussi … 

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Puerto Williams, petit village tranquille même si à l’origine garnison militaire, approvisionné une fois par semaine par un ferry arrivant de Punta Arenas sur le Détroit de Magellan.

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Puerto Williams,  simplicité des relations … ou comment inscrire nos enfants à l’école en moins de 5 minutes …

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 Car c’est bien dans cette petite école face au Beagle  qu’Anaa fera ses premiers pas dans une classe … avec pour objectif,  comme  Titouan, de se faire à l’espagnol et d’oser aller à la rencontre de l’autre,  hispanophone ou non ……

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Merci aux Tias et à tous les élèves de Prekinder, et à bientôt !

Puerto Williams, c’est aussi le Micalvi, le club nautique le plus austral du monde …   

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 … mais surtout une merveilleuse terrasse, quelque soit la saison ……………………………

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Jamais nous  n’aurions pensé trouver un tel ressourcement dans un port ………………… un plaisir de tous les instants …….. pour les petits et les grands …

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Puerto Williams, c‘est un pied à terre pour de superbes randonnées, voire treks, sur l’île Navarino, comme au Cerro Bandera ou aux Dientes de Navarino …

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Et  c’est, comme en Terre de Feu, l’endroit où admirer les 4 saisons en une journée ……

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 Puerto Williams, c‘est enfin, le point de départ … vers le Cap Horn, à 90 milles de là … et les glaciers à 40 milles ……

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A bientôt !

 


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