Le Petit Prince en orbite autour de la mer … Voyage vers l'Essentiel …


Le Drake, dernière frontière

22 Décembre 2012 …

A nouveau, le moment est venu …

The Gate is open.

La porte de l’Antarctique …

Une fenêtre pas trop défavorable et surtout longue s’ouvre, qui pourrait nous laisser traverser le Drake, ces 580 Nm (1000 km) dans les mers les plus dures du monde où houle et vent ne rencontrent jamais d’obstacle dans leur course folle autour du globe, 580 Nm qui séparent le Cap Horn de notre destination, l’Archipel de Melchior, Antarctique.

Cette fenêtre d’une semaine, – une aubaine là où de puissantes dépressions se succèdent normalement tous les 3 jours-, avec certes beaucoup de vent de Sud, devrait nous laisser le temps de passer, mais gare à la dépression assez puissante annoncée juste après … d’autant que les prévisions à une semaine sont loin d’être fiables ….

18h.

Les amarres sont larguées, le Micalvi et la paisibilité de Puerto Williams sont déjà dans le sillage.

Et le Petit Prince tend l’étrave vers sa destinée, son pourquoi.

Snipe, Puerto Toro, la Baie Nassau, les Wollaston et finalement le Cap Horn défilent sous nos yeux, alors que peu à peu le vent forcit … de face … transformant notre galop en véritable rodéo …

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Les quarts se succèdent, les tupperwares à vomis des enfants -même la pitchoune s’y met- et les plats Fleury Michon offerts par Philippe et Géraldine Poupon sur Fleur Australe, aussi.

Concentrés sur la machine, on s’applique aux réglages pour obtenir le meilleur de notre bateau, et le Petit Prince, malgré ses 3 mois d’appros, 1100 l de gasoil, 500 l d’eau, fend la lame à bonne vitesse … et bon cap … il ne s’agit pas d’atterrir en Mer de Weddell !

2 jours après le départ, nous sommes à 120 NM (200 km) du Grand Cap : nous sommes sortis du Plateau du Horn, réputé particulièrement dangereux.

Selon la météo et notre avancement, je me donne secrètement jusqu’à mardi soir 25 décembre pour décider d’une éventuelle retraite.

Mais le Petit Prince fait gentiment le dos rond sous les paquets de mer qui s’abattent sur lui pendant 2 jours et puis la machine à laver lentement s’arrête  ….. le calme est retrouvé …….

Le Drake est presque d’huile !

Le foc fait place au moteur … et au chauffage qui va avec … enfin ! car à la gite et sans moteur, point de poêle, froid et humidité nous transpercent … mais tout à coup, la température intérieure qui ne dépassait pas 10°C remonte miraculeusement à plus de 17°C … Ca fait du bien !

Les enfants sortent de leurs couettes et leur rire cristallin envahit à nouveau le carré …

Les prévisions météo que nous scrutons chaque matin restent correctes, notre fenêtre se confirme : le Drake devrait nous laisser passer …

Noël est couronné par une journée de beau temps, chaleur et sérénité bienvenue, ….  avant de tomber le lendemain sous un voile de brume dense, caractéristique de la zone de convergence antarctique, qui nous accompagnera dès le 60°Sud, … jusqu’à quasiment l’arrivée … On n’avait pas pensé à ça !

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La tension remonte, la veille aux icebergs et aux growlers (débris d’icebergs, plus petits mais au moins aussi dangereux car plus difficiles à déceler) se fait tout de suite plus difficile par 50 m de visibilité !

Mais qu’est ce que je fous là ?

Et puis, on s’habitue, le stress s’estompe. Danse sur le pont pour se réchauffer pendant les longues heures de veille en dehors de la protection de cockpit, sous le crachin breton ……

On se sent plus forts d’arriver encore à gérer cette nouvelle angoisse.

Et ce couple de baleines à bosse qui nous retrouve régulièrement. Seule sur le pont, j’ai l’impression qu’elles viennent faire connaissance, me gratifiant de leurs inoubliables jeux de bras et de caudales ……. Comme j’aimerais vous présenter des petits d’hommes, mes enfants, qui dorment en ce moment.

Que vous êtes belles. Que vous êtes paisibles. Comment a-t-on pu vous faire tant de mal ?

 

61°S.

Nous avons dépassé la Convergence Antarctique et sommes à la hauteur de l’île de l’Eléphant.

Ile de l’Eléphant, chargée d’histoire.

Celle de l’Odyssée de l’Endurance, ce 3 mâts parti en 1914 à la conquête du Pôle Sud et qui sera broyé par les glaces en Mer de Weddell. Celle de Shakleton, son capitaine et incontestable leader qui malgré des conditions dantesques, à la dérive sur la banquise pendant des mois, arrivera à déposer sur cette fameuse île son équipage et qui partira dans une petite baleinière de quelque 8 mètres jusqu’en Géorgie du Sud, 700 NM plus loin dans les 50 ème hurlants, chercher des secours.

Secours qu’il trouvera après avoir pour finir traversé à pied la Géorgie du Sud, cette île extrêmement montagneuse et recouverte de glaciers, un exploit encore rarement égalé aujourd’hui.

C’est finalement le Yelcho qui ira sauver l’intégralité de l’équipage de l’Endurance, près de un an après la destruction du navire par les glaces ….

 

62°30S.

Nous sommes à la hauteur des Shetland du Sud et d’un iceberg et ses growlers entrevus quelques jours plus tôt par des amis. Comme le gros iceberg qui s’était rompu et se promenait juste au Sud du Horn, nous ne l’apercevrons pas non plus.

Mais plus nous nous approchons, plus nous savons devoir redoubler de vigilance, surtout dans la brume … malgré le radar qui ne pourra détecter que les plus gros icebergs.

Le dernier jour, à l’arrivée – un peu en avance – de la dépression qu’on surveillait depuis le départ, mais qui heureusement s’est bien dégonflée, nous bénéficions enfin d’un bon vent favorable qui nous mène à plus de 7 noeuds dans la brume ….

Nous voilà tous les deux en veille sur le pont.

Un premier iceberg apparaît dans la brume, tel un spectre sinistre.

Et puis, est ce notre bonne étoile ? la brume se lève légèrement, nous offrant une visibilité correcte pour notre arrivée.

Les premières îles apparaissent, accompagnées d’icebergs finalement assez rares et qui cette fois ne dégagent plus du tout la même impression …

 

Oui. Je sais ce que je fous là.

Colosses de glace. Forces tranquilles à la dérive.

Tabulaires, spiralés, torturés.

Blancs, gris, bleu turquoise.

Spectres sinistres devenus Merveilles.

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Antarctique, le Sanctuaire.

Là où l’Homme n’a pas sa place.

Silence. Puissance. Respect. Hommage.

 

Le 28 décembre 2012, à 5 heures du matin, nous jetons l’ancre entre les îles Eta et Omega de l’Archipel de Melchior, par 64°19S et 62°55W, au milieu de glaciers omniprésents.

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Le Drake nous a laissés passer.

Antarctique. Nous sommes arrivés en Antarctique !

N’est ce pas le plus beau cadeau de Noël qu’on puisse s’offrir ?


Préparation finale …

8 novembre 2012.

Enfin. 5 mois après l’envoi de notre dossier, nous venons de recevoir l’autorisation des Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF) pour notre expédition en Antarctique.

Qu’en aurait il été si on nous l’avait interdit ? Après des années de préparation tant matérielle que physique ou psychologique, aurait on renoncé à notre projet quelques semaines avant notre départ ?

Ce dossier, certes intéressant pour bien se questionner, s’informer et s’imprégner de ce qui est autorisé ou non en Antarctique, de ce qu’on peut -doit- faire pour en préserver l’environnement, la vie animale et végétale, est il vraiment adapté à un voilier avec 4 personnes à bord ?

Ledit voilier qui se rend en Antarctique n’a t’il pas déjà une conscience aigüe de l’environnement ?

Car nous n’avons pas attendu un dossier à remplir pour ne pas balancer nos déchets à la mer, ni respecter les animaux … et c’est avant tout grâce aux voiliers connaissant bien la zone, loin d’être avares de conseils et de solidarité, que nous avons pu finaliser notre préparation, ce dont nous les remercions mille fois …..

Mais malheureusement, les TAAFs, censés préserver l’Antarctique, sont aujourd’hui à la botte de l’Association des Tours Operateurs en Antarctique, IAATO, qui tache de se racheter une conscience, -telle Total qui sponsorise le film Home- elle qui rassemble tous les paquebots de croisière qui y pratiquent une activité hautement lucrative alors que le Traité y interdit toute pratique commerciale, paquebots dérangés par ces petits voiliers qui osent apparaître dans cette crique vendue comme inaccessible bout du monde …..

Ou comment exiger les mêmes mesures pour un voilier de 4 personnes ou un cruise ship de 300 … mesures qui ne seront bientôt plus applicables par un voilier, pour de l’autre coté, autoriser les cruise ships omniprésents là bas, à y débarquer leurs centaines de touristes chaque jour …   

Curieusement, des critères comme le bilan carbone, le bilan bruit ou même le risque de transmission de virus et bactéries par voie ne serait-ce qu’orale, sont totalement absents du dossier, critères qui inverseraient peut être cette invasion plus que préjudiciable …

 

Bref. Heureusement, notre autorisation est là. Qu’aurions nous fait sans ? La question ne se pose pas … et nous ne ferons pas l’objet d’une délation, pratique à la limite du nazisme, demandée par les TAAFs et IAATO à l’encontre d’un pauvre voilier parti sans autorisation …

Petit sourire quand même à la lecture de la restriction qui nous est faite : pour des raisons de sécurité liée à la composition de notre équipage, il nous est fortement déconseillé de débarquer à terre !! Pendant 3 mois !! On dirait que les TAAFs ne savent pas ce qu’est un enfant (que dirait la DDASS si on obligeait des enfants à rester enfermés dans 15 m2 pendant 3 mois ??? ;-)   ), … et ne connaissent ni les conditions en Péninsule Antarctique ni l’analyse que tout marin avisé en opère pour la sauvegarde de son équipage et la sécurité de sa maison, et ce en toute circonstance ….

 

Qu’importe, le papier est là, nous allons pouvoir lancer les préparatifs finaux ….

Dernières vérifications techniques.

Déménagement du bateau au maximum pour dégager place et poids.

Approvisionnements en tout genre pour 3 mois. Nourriture. Gaz. Gasoil. Essence. Eau.

Evaluations scolaires de Titouan jusqu’à mi mars, à envoyer avant le départ vers mi-décembre.

Sans oublier le nerf de la guerre, …

…. et de nouvelles rencontres …

 

Car malgré tout le travail qui nous attend, nous prenons quand même le temps de savourer quelques rencontres passionnantes, comme « les 4 Cals qui s’en vont », comme ils aiment à s’appeler, ou encore les « Même pas cap », 2 couples avec respectivement 2 et 4 enfants qui voyagent à travers l’Amérique du Sud sac au dos pour les premiers …

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… ou en camping-car pour les seconds …

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Chapeau bas !

L’occasion pour les petits comme pour les grands de créér de nouveaux liens … malheureusement comme souvent, un peu trop éphémères. Mais qu’importe, ils sont là, et l’enrichissement de l’échange et du partage aussi ….

Merci à vous pour ces discussions, cette ouverture nouvelle ….

 

Que dire encore, de la rencontre de Philippe Poupon, sa femme, Géraldine Danon, et leurs enfants Laura et Marion, accompagnées de leur demi-frère Loup, à bord de Fleur Australe, qui après le passage du Nord-Ouest et un débarquement notable sur Pierre 1er, une île antarctique plus qu’inaccessible, il y a quelques temps, remontent au pas de course vers Puerto Montt … et qui nous offrent, outre 130 repas en conserve pour sportifs Fleury Michon, très utiles quand les conditions sont rudes …, un beau livre écrit par Géraldine qui accompagnera nos traversées du Drake, de bonnes soirées à disserter sur les vies de marins de nos enfants respectifs … et un bel anniversaire avec plein de copines, Laura, Marion, et Emma et Mia, de Vaihéré, pour Anaa …

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Merci pour tout, et à bientôt peut être ?

 

Comme tout grand projet, celui-ci a un coût … et notre caisse de bord commence à sérieusement s’épuiser … nous commençons donc, d’un coté, à notre niveau, à développer un réseau commercial qui explose littéralement dans le monde entier et sur lequel seront basées nos ressources au retour, et d’un autre coté … partons à la recherche d’un sous-marin de la seconde guerre mondiale pour une argentine un peu farfelue …. comme je l’ai expliqué dans le précédent article … 

 

La préparation de l’expédition va bon train.

Les uns comme les autres carburent.

Le pauvre Titouan -et sa maîtresse- triment 6 à 7 h par jour, 6 jours sur 7 … mais les résultats sont là, le petit loup engrange … et retient !

Franck fait les derniers checks techniques : gréément, moteur, guindeau, voiles, tout y passe … et tout va bien !

Chacun fait le vide dans sa cabine. Le bateau fait une cure d’amaigrissement de 500 kg … et la maison de nos amis Eric et Claude, de Vaihéré, s’encombre à vue d’oeil … Le mètre cube promis triple de volume …. Quant à Tato et Bettina, nos amis argentins, ils héritent de 2 ancres secondaires et autre matériel de plongée. Merci beaucoup à vous tous pour votre gentillesse, votre patience et votre aide ….

Jeu des vases communicants … Faire le vide pour laisser entrer le Nouveau.

6 bidons de 60l viennent s’ajouter à nos 750 l de réserve de gasoil … Là où le Tétris géant commence … Et voilà 4 bidons sanglés, avec l’aide du petit mousse … pour 3 mois … dans notre cabine …

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Quid maintenant des 10 caddies à rentrer dans le bateau ???

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… et ce n’est que la partie émergée de l’iceberg ….

30 kg de farine, 22 kg de pates, 25 kg de pommes de terre, 13 citrouilles, 15 kg de carottes, 70 kiwis, 15 mangues, 6 chous, 35 courgettes, 2 kg de roquefort, 5 kg de lard, un bon 20 kg de viande, 7 kg de chocolat à dessert …, …

Incroyable tout ce qu’on peut rentrer dans un bateau …

Il en ressort plein comme une outre mais tout est rentré, calé, prêt pour se glisser dans le Drake …….

 

 18 décembre 2012.

Quelques jours après l’anniversaire d’Anaa, nous quittons Ushuaïa, pleins d’enthousiasme, mais aussi de questions, de doutes et de tension, en direction de Puerto Williams, où nous attendrons la fenêtre qui nous autorisera à nous élancer vers l’Antarctique …


Mythe ou réalité ?

Un dimanche de novembre, 14h.

« Mettez vous sur canal 68″ [à la radio].

Ainsi commence une drôle d’aventure.

« On vous envoie une blonde qui a un truc passionnant à vous proposer, nous on ne peut pas le faire, on n’a pas le temps …. »

Nous voilà bien alléchés par nos amis Eric et Claude …

 

Et voilà qu’une blonde bien enrobée, Patricia, déboule sur le ponton, toute excitée.

Qui cherche un bateau. Pour partir le soir même. Et aller prendre la photo d’une épave, afin de confirmer sa découverte officiellement.

Mais attention, pas n’importe quelle épave.

L’épave d’un petit sous-marin, un U-boat, qui aurait servi … à Hitler … à débarquer en Patagonie à la fin de la seconde Guerre Mondiale, et où il aurait laissé tous les documents qu’il voulait garder secrets, raison pour laquelle il aurait fait couler volontairement le bateau …..

Mythe ou réalité ? Leçon d’histoire en cours ?

Hitler et Eva Braun auraient pris un avion privé pour se rendre en Espagne, d’où ils auraient embarqué sur un grand bateau ou sous-marin pour traverser l’Atlantique, bateau qui aurait transporté 5 petits sous-marins … dont celui que nous recherchons.

Hiltler aurait ensuite vécu jusque dans les années 60, en toute impunité, sur une île privée vers Bariloche, en Argentine, avec avion et bateau privés …

Un argentin, Abel Basti, a en effet écrit de nombreux livres sur cette thèse, reprise il y a 2 ans par 2 anglais …

Pourquoi leurs corps n’auraient ils pas été retrouvés ? Et Staline qui prévenait qu’il aurait pu s’enfuir … Et le supposé crâne d’Hitler exposé en Russie, qui n’est autre qu’un crâne de … femme … Et le FBI qui aurait été au courant. Et les archives, qui sont reclassées pour des dizaines d’années ? Et … Et .. etc …

Le doute est permis.

 

OK, tu as un plongeur ? non. Des blocs de plongée gonflés ? non.

Ca s’organise. Le plongeur est là, les blocs – vides- aussi. Notre compresseur remis en fonction.

1h du matin, lundi.

C’est parti, direction Bahia Aguirre, à 15h et 80 milles à l’Est d’Ushuaia.

 

« C’est là ! », nous dit elle, en pointant un endroit pas loin des rochers. « On a déjà sondé la baie et trouvé du métal de la taille du sous-marin, sur des indications d’un centenaire allemand qui a tenu à garder l’anonymat » nous apprend elle.

Franck et Tato, le plongeur, se jettent dans une eau à 8°C, au milieu du kelp, et avec 20 cm de visi.

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En vain.

 

Patricia, fortement sujette au mal de mer, veut repartir. Pas question, on est là, on va chercher.

Mais on a beau sonder tout un coté de la baie, y trouver des irrégularités de la taille supposée du sous-marin, rien.

Le mauvais temps arrive, nous savons devoir nous échapper de cette baie très mal protégée. Nous sommes forcés de rentrer bredouilles.

 

Drôle d’ ambiance autour de cette expédition.

La Préfecture Navale argentine accueille le capitaine, au retour, dans une salle séparée, le questionne. Lui apprend qu’ils  nous ont suivis de près pendant toute la manip.

Et Patricia, qui a presque reçu des menaces d’un prétendu sponsor qui voulait être sur la photo à Ushuaia, des fois qu’on ait trouvé l’épave, plutôt que d’être planté à Buenos Aires.

Qui se retrouve pistée par la Préfecture jusqu’à son nouvel hôtel.

Et nous, visiblement espionnés sur notre email.

Aucune discussion via des portables.

Des questions bizarres de personnes inconnues.

On ne se ballade plus tout seul dans la rue.

 

Ambiance tendue, les intérêts -historiques donc politiques- en jeu sont énormes, et les personnes intéressées nombreuses.

 

Lutte d’influence.

La Préfecture Navale interdit l’accès à cette baie à tous les bateaux sauf le nôtre …

Paraît il que nous sommes les seuls, Tato et ses enfants, Patricia et nous, à pouvoir y retourner.

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Une deuxième expédition s’organise.

Avec plus de moyens : davantage de plongeurs, annexe plus grande, sondeur graphique  d’annexe que Patricia doit ramener de Buenos Aires, et … détecteur de métaux !!!

Nous rassemblons le matériel, Patricia doit nous contacter pour savoir quand revenir … inutile de s’aventurer là- bas par mauvais temps …

Mais la voilà qui débarque un jeudi sans sondeur et au début d’une belle période de très mauvais temps …

« On part demain ! » « Ah non ! On ne part pas avant mardi … »

Et qui disparaît tout le week end.

Puis, qu’au hasard d’une conversation avec un ami, dimanche après midi …

« Vous partez chercher une épave ? décidément, c’est à la mode ces temps-ci ! Il y a un bateau à Afasyn [l'autre club nautique d'Ushuaia] qui part à la recherche d’une épave de la seconde guerre mondiale » …..

Pardon ????

Vite, on contacte Patricia et Tato. On doit se voir. On doit savoir. Elle nous affirme droit dans les yeux n’être au courant de rien.

Nous « confie » avoir des problèmes pour régler le plongeur.

Le lundi soir, tout le monde est d’accord. Elle doit venir 1h plus tard nous amener l’argent pour payer le gasoil. Et Tato doit arriver 1h30 après pour tout charger à bord.

Nous ne la reverrons jamais.

« Ma mère est malade, je rentre à Buenos Aires » écrit-elle à Tato.

Après 3 ans de recherches, qui abandonnerait alors même que quelqu’un est en train de vous doubler ?

Ou elle est folle, ou elle nous ment.

 

Et en effet, Icebird, l’autre bateau, dont le capitaine est le seul personnage odieux -le meilleur du monde- rencontré parmi les nombreux voileux de la région, nous avoue difficilement qu’elle part avec eux. A la fin de la semaine. Qu’ils disposent d’un super sonar qui permet même de déterminer si l’épave est en bois ou en métal. Etc etc …

 

Ecoeurés par un tel manque de transparence complètement inutile – n’aurait-on pas compris qu’elle parte avec un bateau plus confortable et davantage de moyens ?-, déçus par cette nature humaine qui nous continuons à l’espérer, n’est pas une généralité …

 

Mais moqueurs à la vue des prévisions météos … ils pourront tout au plus plonger 2 jours sur la semaine prévue …

Et ça se confirme … Nous reverrons ledit bateau rentrer après 2 petits jours de voyage, annonçant un piteux « Sin novedad » - »Sans nouvelle »- à la Préfecture Navale, au milieu de la nuit …

Comment devenir la risée de Radio Beagle : »Ils n’ont trouvé que des caillouxxx!! »

Mais … mais là encore le doute reste permis …

 

Car nous savons les proprios du bateau proches des autorités argentines, raison probable pour laquelle ils ont été mandatés à notre place. Et s’ils avaient trouvé l’épave ? Et si l’information était censurée ? Car il s’agit bien là d’une vérité qui dérange …

Espérons donc que la corruption argentine ne nuise pas à l’Histoire.

 

Enorme intérêt historique, donc énorme intérêt politique.

De menaces en espionnage, de protection en trahison.

Une aventure extraordinaire, l’Histoire en marche.

Mais c’en est trop pour les apprentis chercheurs d’épave que nous sommes.

Nous jetons l’éponge.

 

Assez perdu de temps dans la préparation de notre expédition en Antarctique, il est temps de nous y remettre …


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