Le Petit Prince en orbite autour de la mer … Voyage vers l'Essentiel …



Mythe ou réalité ?

Un dimanche de novembre, 14h.

« Mettez vous sur canal 68″ [à la radio].

Ainsi commence une drôle d’aventure.

« On vous envoie une blonde qui a un truc passionnant à vous proposer, nous on ne peut pas le faire, on n’a pas le temps …. »

Nous voilà bien alléchés par nos amis Eric et Claude …

 

Et voilà qu’une blonde bien enrobée, Patricia, déboule sur le ponton, toute excitée.

Qui cherche un bateau. Pour partir le soir même. Et aller prendre la photo d’une épave, afin de confirmer sa découverte officiellement.

Mais attention, pas n’importe quelle épave.

L’épave d’un petit sous-marin, un U-boat, qui aurait servi … à Hitler … à débarquer en Patagonie à la fin de la seconde Guerre Mondiale, et où il aurait laissé tous les documents qu’il voulait garder secrets, raison pour laquelle il aurait fait couler volontairement le bateau …..

Mythe ou réalité ? Leçon d’histoire en cours ?

Hitler et Eva Braun auraient pris un avion privé pour se rendre en Espagne, d’où ils auraient embarqué sur un grand bateau ou sous-marin pour traverser l’Atlantique, bateau qui aurait transporté 5 petits sous-marins … dont celui que nous recherchons.

Hiltler aurait ensuite vécu jusque dans les années 60, en toute impunité, sur une île privée vers Bariloche, en Argentine, avec avion et bateau privés …

Un argentin, Abel Basti, a en effet écrit de nombreux livres sur cette thèse, reprise il y a 2 ans par 2 anglais …

Pourquoi leurs corps n’auraient ils pas été retrouvés ? Et Staline qui prévenait qu’il aurait pu s’enfuir … Et le supposé crâne d’Hitler exposé en Russie, qui n’est autre qu’un crâne de … femme … Et le FBI qui aurait été au courant. Et les archives, qui sont reclassées pour des dizaines d’années ? Et … Et .. etc …

Le doute est permis.

 

OK, tu as un plongeur ? non. Des blocs de plongée gonflés ? non.

Ca s’organise. Le plongeur est là, les blocs – vides- aussi. Notre compresseur remis en fonction.

1h du matin, lundi.

C’est parti, direction Bahia Aguirre, à 15h et 80 milles à l’Est d’Ushuaia.

 

« C’est là ! », nous dit elle, en pointant un endroit pas loin des rochers. « On a déjà sondé la baie et trouvé du métal de la taille du sous-marin, sur des indications d’un centenaire allemand qui a tenu à garder l’anonymat » nous apprend elle.

Franck et Tato, le plongeur, se jettent dans une eau à 8°C, au milieu du kelp, et avec 20 cm de visi.

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En vain.

 

Patricia, fortement sujette au mal de mer, veut repartir. Pas question, on est là, on va chercher.

Mais on a beau sonder tout un coté de la baie, y trouver des irrégularités de la taille supposée du sous-marin, rien.

Le mauvais temps arrive, nous savons devoir nous échapper de cette baie très mal protégée. Nous sommes forcés de rentrer bredouilles.

 

Drôle d’ ambiance autour de cette expédition.

La Préfecture Navale argentine accueille le capitaine, au retour, dans une salle séparée, le questionne. Lui apprend qu’ils  nous ont suivis de près pendant toute la manip.

Et Patricia, qui a presque reçu des menaces d’un prétendu sponsor qui voulait être sur la photo à Ushuaia, des fois qu’on ait trouvé l’épave, plutôt que d’être planté à Buenos Aires.

Qui se retrouve pistée par la Préfecture jusqu’à son nouvel hôtel.

Et nous, visiblement espionnés sur notre email.

Aucune discussion via des portables.

Des questions bizarres de personnes inconnues.

On ne se ballade plus tout seul dans la rue.

 

Ambiance tendue, les intérêts -historiques donc politiques- en jeu sont énormes, et les personnes intéressées nombreuses.

 

Lutte d’influence.

La Préfecture Navale interdit l’accès à cette baie à tous les bateaux sauf le nôtre …

Paraît il que nous sommes les seuls, Tato et ses enfants, Patricia et nous, à pouvoir y retourner.

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Une deuxième expédition s’organise.

Avec plus de moyens : davantage de plongeurs, annexe plus grande, sondeur graphique  d’annexe que Patricia doit ramener de Buenos Aires, et … détecteur de métaux !!!

Nous rassemblons le matériel, Patricia doit nous contacter pour savoir quand revenir … inutile de s’aventurer là- bas par mauvais temps …

Mais la voilà qui débarque un jeudi sans sondeur et au début d’une belle période de très mauvais temps …

« On part demain ! » « Ah non ! On ne part pas avant mardi … »

Et qui disparaît tout le week end.

Puis, qu’au hasard d’une conversation avec un ami, dimanche après midi …

« Vous partez chercher une épave ? décidément, c’est à la mode ces temps-ci ! Il y a un bateau à Afasyn [l'autre club nautique d'Ushuaia] qui part à la recherche d’une épave de la seconde guerre mondiale » …..

Pardon ????

Vite, on contacte Patricia et Tato. On doit se voir. On doit savoir. Elle nous affirme droit dans les yeux n’être au courant de rien.

Nous « confie » avoir des problèmes pour régler le plongeur.

Le lundi soir, tout le monde est d’accord. Elle doit venir 1h plus tard nous amener l’argent pour payer le gasoil. Et Tato doit arriver 1h30 après pour tout charger à bord.

Nous ne la reverrons jamais.

« Ma mère est malade, je rentre à Buenos Aires » écrit-elle à Tato.

Après 3 ans de recherches, qui abandonnerait alors même que quelqu’un est en train de vous doubler ?

Ou elle est folle, ou elle nous ment.

 

Et en effet, Icebird, l’autre bateau, dont le capitaine est le seul personnage odieux -le meilleur du monde- rencontré parmi les nombreux voileux de la région, nous avoue difficilement qu’elle part avec eux. A la fin de la semaine. Qu’ils disposent d’un super sonar qui permet même de déterminer si l’épave est en bois ou en métal. Etc etc …

 

Ecoeurés par un tel manque de transparence complètement inutile – n’aurait-on pas compris qu’elle parte avec un bateau plus confortable et davantage de moyens ?-, déçus par cette nature humaine qui nous continuons à l’espérer, n’est pas une généralité …

 

Mais moqueurs à la vue des prévisions météos … ils pourront tout au plus plonger 2 jours sur la semaine prévue …

Et ça se confirme … Nous reverrons ledit bateau rentrer après 2 petits jours de voyage, annonçant un piteux « Sin novedad » - »Sans nouvelle »- à la Préfecture Navale, au milieu de la nuit …

Comment devenir la risée de Radio Beagle : »Ils n’ont trouvé que des caillouxxx!! »

Mais … mais là encore le doute reste permis …

 

Car nous savons les proprios du bateau proches des autorités argentines, raison probable pour laquelle ils ont été mandatés à notre place. Et s’ils avaient trouvé l’épave ? Et si l’information était censurée ? Car il s’agit bien là d’une vérité qui dérange …

Espérons donc que la corruption argentine ne nuise pas à l’Histoire.

 

Enorme intérêt historique, donc énorme intérêt politique.

De menaces en espionnage, de protection en trahison.

Une aventure extraordinaire, l’Histoire en marche.

Mais c’en est trop pour les apprentis chercheurs d’épave que nous sommes.

Nous jetons l’éponge.

 

Assez perdu de temps dans la préparation de notre expédition en Antarctique, il est temps de nous y remettre …


  1. LAUNOIS écrit:

    Bonjour le petit prince,
    Que devenez vous ? Votre hivernage à Ushuaia s’est bien passé? Titouan s’est bien skier maintenant? Et Anaa, elle doit lire couramment?
    Ici, j’amerris doucement de mon année sur l’eau avec des souvenirs plein la tête … et je vais souvent voir votre blog pour rêver encore.
    Que ces petits manchots vous apportent tout de bon pour 2014…
    Bises
    Anne (qui était sur le Boulard en février mars, avec Jean)

    Citer | Posté 31 décembre 2013, 11 h 31 min

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