Le Petit Prince en orbite autour de la mer … Voyage vers l'Essentiel …


Mythe ou réalité ?

Un dimanche de novembre, 14h.

« Mettez vous sur canal 68″ [à la radio].

Ainsi commence une drôle d’aventure.

« On vous envoie une blonde qui a un truc passionnant à vous proposer, nous on ne peut pas le faire, on n’a pas le temps …. »

Nous voilà bien alléchés par nos amis Eric et Claude …

 

Et voilà qu’une blonde bien enrobée, Patricia, déboule sur le ponton, toute excitée.

Qui cherche un bateau. Pour partir le soir même. Et aller prendre la photo d’une épave, afin de confirmer sa découverte officiellement.

Mais attention, pas n’importe quelle épave.

L’épave d’un petit sous-marin, un U-boat, qui aurait servi … à Hitler … à débarquer en Patagonie à la fin de la seconde Guerre Mondiale, et où il aurait laissé tous les documents qu’il voulait garder secrets, raison pour laquelle il aurait fait couler volontairement le bateau …..

Mythe ou réalité ? Leçon d’histoire en cours ?

Hitler et Eva Braun auraient pris un avion privé pour se rendre en Espagne, d’où ils auraient embarqué sur un grand bateau ou sous-marin pour traverser l’Atlantique, bateau qui aurait transporté 5 petits sous-marins … dont celui que nous recherchons.

Hiltler aurait ensuite vécu jusque dans les années 60, en toute impunité, sur une île privée vers Bariloche, en Argentine, avec avion et bateau privés …

Un argentin, Abel Basti, a en effet écrit de nombreux livres sur cette thèse, reprise il y a 2 ans par 2 anglais …

Pourquoi leurs corps n’auraient ils pas été retrouvés ? Et Staline qui prévenait qu’il aurait pu s’enfuir … Et le supposé crâne d’Hitler exposé en Russie, qui n’est autre qu’un crâne de … femme … Et le FBI qui aurait été au courant. Et les archives, qui sont reclassées pour des dizaines d’années ? Et … Et .. etc …

Le doute est permis.

 

OK, tu as un plongeur ? non. Des blocs de plongée gonflés ? non.

Ca s’organise. Le plongeur est là, les blocs – vides- aussi. Notre compresseur remis en fonction.

1h du matin, lundi.

C’est parti, direction Bahia Aguirre, à 15h et 80 milles à l’Est d’Ushuaia.

 

« C’est là ! », nous dit elle, en pointant un endroit pas loin des rochers. « On a déjà sondé la baie et trouvé du métal de la taille du sous-marin, sur des indications d’un centenaire allemand qui a tenu à garder l’anonymat » nous apprend elle.

Franck et Tato, le plongeur, se jettent dans une eau à 8°C, au milieu du kelp, et avec 20 cm de visi.

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En vain.

 

Patricia, fortement sujette au mal de mer, veut repartir. Pas question, on est là, on va chercher.

Mais on a beau sonder tout un coté de la baie, y trouver des irrégularités de la taille supposée du sous-marin, rien.

Le mauvais temps arrive, nous savons devoir nous échapper de cette baie très mal protégée. Nous sommes forcés de rentrer bredouilles.

 

Drôle d’ ambiance autour de cette expédition.

La Préfecture Navale argentine accueille le capitaine, au retour, dans une salle séparée, le questionne. Lui apprend qu’ils  nous ont suivis de près pendant toute la manip.

Et Patricia, qui a presque reçu des menaces d’un prétendu sponsor qui voulait être sur la photo à Ushuaia, des fois qu’on ait trouvé l’épave, plutôt que d’être planté à Buenos Aires.

Qui se retrouve pistée par la Préfecture jusqu’à son nouvel hôtel.

Et nous, visiblement espionnés sur notre email.

Aucune discussion via des portables.

Des questions bizarres de personnes inconnues.

On ne se ballade plus tout seul dans la rue.

 

Ambiance tendue, les intérêts -historiques donc politiques- en jeu sont énormes, et les personnes intéressées nombreuses.

 

Lutte d’influence.

La Préfecture Navale interdit l’accès à cette baie à tous les bateaux sauf le nôtre …

Paraît il que nous sommes les seuls, Tato et ses enfants, Patricia et nous, à pouvoir y retourner.

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Une deuxième expédition s’organise.

Avec plus de moyens : davantage de plongeurs, annexe plus grande, sondeur graphique  d’annexe que Patricia doit ramener de Buenos Aires, et … détecteur de métaux !!!

Nous rassemblons le matériel, Patricia doit nous contacter pour savoir quand revenir … inutile de s’aventurer là- bas par mauvais temps …

Mais la voilà qui débarque un jeudi sans sondeur et au début d’une belle période de très mauvais temps …

« On part demain ! » « Ah non ! On ne part pas avant mardi … »

Et qui disparaît tout le week end.

Puis, qu’au hasard d’une conversation avec un ami, dimanche après midi …

« Vous partez chercher une épave ? décidément, c’est à la mode ces temps-ci ! Il y a un bateau à Afasyn [l'autre club nautique d'Ushuaia] qui part à la recherche d’une épave de la seconde guerre mondiale » …..

Pardon ????

Vite, on contacte Patricia et Tato. On doit se voir. On doit savoir. Elle nous affirme droit dans les yeux n’être au courant de rien.

Nous « confie » avoir des problèmes pour régler le plongeur.

Le lundi soir, tout le monde est d’accord. Elle doit venir 1h plus tard nous amener l’argent pour payer le gasoil. Et Tato doit arriver 1h30 après pour tout charger à bord.

Nous ne la reverrons jamais.

« Ma mère est malade, je rentre à Buenos Aires » écrit-elle à Tato.

Après 3 ans de recherches, qui abandonnerait alors même que quelqu’un est en train de vous doubler ?

Ou elle est folle, ou elle nous ment.

 

Et en effet, Icebird, l’autre bateau, dont le capitaine est le seul personnage odieux -le meilleur du monde- rencontré parmi les nombreux voileux de la région, nous avoue difficilement qu’elle part avec eux. A la fin de la semaine. Qu’ils disposent d’un super sonar qui permet même de déterminer si l’épave est en bois ou en métal. Etc etc …

 

Ecoeurés par un tel manque de transparence complètement inutile – n’aurait-on pas compris qu’elle parte avec un bateau plus confortable et davantage de moyens ?-, déçus par cette nature humaine qui nous continuons à l’espérer, n’est pas une généralité …

 

Mais moqueurs à la vue des prévisions météos … ils pourront tout au plus plonger 2 jours sur la semaine prévue …

Et ça se confirme … Nous reverrons ledit bateau rentrer après 2 petits jours de voyage, annonçant un piteux « Sin novedad » - »Sans nouvelle »- à la Préfecture Navale, au milieu de la nuit …

Comment devenir la risée de Radio Beagle : »Ils n’ont trouvé que des caillouxxx!! »

Mais … mais là encore le doute reste permis …

 

Car nous savons les proprios du bateau proches des autorités argentines, raison probable pour laquelle ils ont été mandatés à notre place. Et s’ils avaient trouvé l’épave ? Et si l’information était censurée ? Car il s’agit bien là d’une vérité qui dérange …

Espérons donc que la corruption argentine ne nuise pas à l’Histoire.

 

Enorme intérêt historique, donc énorme intérêt politique.

De menaces en espionnage, de protection en trahison.

Une aventure extraordinaire, l’Histoire en marche.

Mais c’en est trop pour les apprentis chercheurs d’épave que nous sommes.

Nous jetons l’éponge.

 

Assez perdu de temps dans la préparation de notre expédition en Antarctique, il est temps de nous y remettre …


Au pied des glaciers …

L’automne commence peu à peu à céder sa place à l’hiver.

La neige recouvre Ushuaia, et les montagnes alentour.

La nuit se fait plus présente, le jour se lève à 10h là-bas et se couche à 18h00 (-1h coté Chilien).

Il est temps, temps d’aller se promener dans les fameux canaux de Patagonie, au pied des glaciers …

Au pied des glaciers ... dans 03 - Patagonie 184-Seno-Pia-bras-Est-300x225  187-Cta-Beaulieu-avec-Shag-300x225 dans 03 - Patagonie

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On pensait remonter jusqu’à Puerto Montt, tout au Nord des canaux chiliens, et revenir au printemps, mais  finalement  nous prévoyons un court séjour en France, mieux vaut donc rester dans les alentours ……

L’objectif est clair : en prendre plein les yeux, seuls en plein cœur de cette nature magnifique, sauvage mais aussi parfois démesurée, violente. Et aussi : tester notre autonomie pour l’Antarctique.

3 mois d’approvisionnement, de gasoil, de gaz, mais aussi d’ordures ….

Les appros sont épiques : heureusement, Ushuaïa, telle une grande station de sports  d’hiver, dispose de supermarchés bien achalandés, et viande argentine sous vide et température frigorifique à l’extérieur nous aideront à gérer les stocks !

200 œufs, 45 kg de farine, 35 litres de lait, 25 kg de pates, 20 kg de riz, 20 kg de pommes de terre, 8 kg de carottes, 12 giromons, des centaines de boites de conserve et seulement … etc  etc  …

Une bonne dizaine de caddies bien remplis mais heureusement livrés … de quoi voir descendre la ligne de flottaison de quelques centimètres …

Emballages retirés, traitement anti-cafard au passage, et casse-tête du rangement ! Equipets intérieurs archipleins, coffres extérieurs un peu mis à contribution aussi … mais tout est rentré, bien calé, bien trié, bien conservable et bien inventorié !!! 

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Bilan de nos 3 mois d’autonomie : on aura été un peu court … en vin et en chocolat !!!

 

Quelques bonnes soirées avec les potes, dont Manu, navigateur solitaire de 24 ans, qui parti sur sa petite Chimère de 9 m, envisage, après le Groenland et la Patagonie, d’aller admirer lui aussi les splendeurs de l’Antarctique … Manu, fou de la Vie, pas un sou en poche, mais qui déclame qu’  « avec sa jeunesse, le temps dont il dispose et sa liberté, Bill Gates est un clodo à coté de lui » ………. Manu, remueur d’âmes tranquilles, qui met le feu partout où il passe …..

Quelques tours de luge avec les copines Emma et Mia aussi, et c’est l’heure du départ pour Puerto Williams, où les derniers préparatifs et surtout les papiers doivent être faits car les canaux sont coté chilien  … Des au-revoirs émouvants, mais cette fois, on peut se dire : «A bientôt, on se reverra en Octobre ! »

Franck  s’occupe de l’aspect technique final : outre bien sûr la maintenance habituelle,

 c’est le remplissage du gasoil : 1000 litres pour moteur et chauffage …. Car ici, la navigation dans les canaux au vent très changeant en force et direction, se fait beaucoup au moteur, et le poêle, qu’on a allumé depuis qu’il faisait 9°C au réveil dans le bateau, est indispensable et nous maintient une température intérieure entre 16 et 25 °C bien agréable lors de nos retours de vadrouille ou de veille, et plutôt apprécié pour le séchage des vêtements !

Les bidons nécessaires sont ficelés sur le pont, impec !

C’est aussi le plein de gaz : 3 bouteilles de 11 litres devraient suffire …

Quant à l’eau, entre dessalinisateur et cascades, pas de problème par ici !

 

Autant dire que le bateau paraît bien lourd  à notre départ fin mai de Puerto Williams ……… direction l’île Gordon et les glaciers de la Cordillère Darwin …

C’est l’heure de notre premier sillage dans une fine pellicule de glace … elle paraît si fine, mais le bruit de la glace brisée sur la coque est déjà si impressionnant !

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 De petites caletas (baies) abritées et enneigées se succèdent, magnifiques, le long du Beagle  ….

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Les courtes navigations nous autorisent souvent une ballade à l’arrivée, avant la tombée de la nuit, au début …

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Après le grand ciel bleu synonyme aussi de grand froid – le thermomètre plafonnera longtemps à -10°C – …

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C’est l’arrivée du mauvais temps assez continu : on se met à l’abri tranquillement dans une caleta hyper protégée par vent d’Ouest : Caleta Borracho, et on attend … Au programme, cabane, barbecues dans la neige sur la plage, bonhomme de neige, petites ballades, école, anniversaire de papa et activités intérieures …

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 Et puis, nous rallions cette escale dont tant de monde nous a parlé, des étoiles plein les yeux : l’Estancia de Caleta Ferrari, à Yendegaïa, chez Jose ……. 

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Une semaine passée au rythme de ce gaucho, timide, généreux, décivilisé, et surtout parfaitement en phase avec la nature ….

« une fois on m’a invité à un match de foot à Santiago, je me suis retrouvé avec 60 000 personnes autour de moi …. Je m’étais souvent trouvé avec 30 000 moutons, mais 60 000 personnes, alors ça  ;-( …. »

Entouré de ses 10 chiens et  4 chats -le Paradis des enfants qui adopteront littéralement un petit catou tout roux aux allures de Freemouss, Gatito alias Mona-  ,

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il est en charge d’une propriété de 40 000 hectares, achetée par un américain visionnaire, pour ses ressources … d’eau …. Pas le droit d’y chasser du guanaco (sorte de lama) ni d’y couper du bois pour se chauffer …

Il y a attrapé et dressé des chevaux sauvages, dont certains à tâches roses, qu’il laisse en liberté dans la propriété, au pied des glaciers, et va chercher au besoin …. 

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 Le bois, il va le couper à 2h de bateau sur la rive d’en face. Le gaz et le foin- dont il nourrit à tour de rôle ses chevaux pour les renforcer, surtout en hiver -,  il va les récupérer chez les carabineros, à 2 h de bateau encore …

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A 2 heures à cheval du premier téléphone, sans accès par la route, il vit sur quelques kilos de riz achetés, ses fruits et légumes cultivés et surtout , sur la vache ou le taureau sauvage qu’il va tuer pour se nourrir et nourrir sa meute-ou la vendre aux pêcheurs qui dans toute la région le connaissent …

Les canalisations gèlent ? Qu’à cela ne tienne, il va chercher un des chevaux sauvages qu’il a dressés et qui sont laissés en liberté au pied des glaciers … un coup de traineau à la rivière et ça repart …

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 Impossible de chasser la vache à cheval avec cette épaisseur de neige ? Tuons un cheval.

On peut aussi poser le filet à robalo, un délicieux poisson, qu’en pensez- vous ?

Ou aller poser un casier à centollas, ces fameux king-crabs (crabes royaux) de 60 cm de diamètre dont asiatiques, américains et nous raffolons ?

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 Ou aller chasser du lapin ? du castor ?

Magnifique !
Que dire encore des superbes randonnées à cheval, dans la neige, à traverser des rivières gelées – à se demander parfois si on va y remplir nos bottes !, au milieu des condors et au pied des glaciers …

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 Le Pied Géant !

Merci Jose, merci pour tout, merci pour ton accueil, ta simplicité, ta gentillesse, ce partage.

 

On le savait : c’est un piège ! on s’y sent tellement bien que c’est presque un arrachement de devoir partir !

Heureusement, Yoann, sur Saturnin, arrivé quelques jours après nous, a déjà levé l’ancre ce matin.

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 Allez, on se motive ….

 

Le Petit Prince se lance à la découverte des glaciers …… Nous embouquons le Brazo Noroeste (bras NW)  du Beagle …

Waouh ….

Premier et énorme glacier aux couleurs fantastiques : le glacier Hollanda, au pied duquel s’étend la Caleta Olla …

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Parfaitement abritée par une barrière de hauts arbres, par vent d’Ouest , le nom de Olla sera bientôt remplacé par son surnom, judicieusement  inventé par le capitaine : Caleta Olla-la !

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Oui, car par vent de Nord-Nord Est voire même Nord, la donne est bien différente : le vent contourne la montagne …. Et nous arrive de face en puissantes rafales … avec un bateau mouillé à quelques 10 m de la plage -heureusement de sable – à laquelle il est amarré par 4 bouts. Ou comment se demander à 5 h du matin comment gérer le bateau avec son ancre qui a dérapé …

Lutte au moteur avec risque de le remplir de sable ? Couper nos amarres, et après, on va où,  sans nos amarres qui plus est ? Aller de nuit et dans le vent poser une amarre de 250 m à l’avant ? Se laisser échouer proprement sur la plage, sachant que les conditions seront favorables à un déséchouage ultérieur ?

La décision est prise, nous échouons proprement le bateau de 20 cm dans le sable … Dommage, nous ne savions pas que c’était …. sur la dernière rafale !

Quelques heures plus tard, le bateau est tranquillement déséchoué …

C’est décidé cette fois, nous achèterons une nouvelle et bonne ancre !

Cet épisode décidera de beaucoup de nos futurs mouillages : nous l’avons compris, la configuration des lieux et la force des vents rendent la direction et la force des rafales des plus aléatoires dans la plupart des mouillages … Dorénavant, nous choisirons donc systématiquement des caletas où des amarrages en étoile (2 amarres à l’avant, 2 à l’arrière) sont possibles et fiables.

Nous réalisons que nous ne connaissons qu’un seul bateau privé qui n’ait pas eu d’incident de ce type (à notre connaissance du moins). Bomika, sur la plage, son hélice arrachée par sa chaine lors d’un dérapage. Vagalam, Passoa 50, éventré sur les cailloux entre Puerto Williams et Ushuaia pour un problème de filtre à gasoil, avec des voiles non préparées … Chimère, sur les cailloux à Deseado et encore lors de sa remontée à Puerto Montt … Caledonia, casse de son système de dérive relevable lors d’un dérapage, arbres et bouts cassés. Reskebil, sur les cailloux à Deseado. Un Norvégien, sur la plage à Puerto Williams. Saturnin même, dont le capitaine, Yoann, marin de Jérôme Poncet (Damien), le « gourou » de l’Antarctique, nous avouera s’être lui aussi mis sur la plage quelques jours avant de nous voir. Etc etc.

Conclusion : Pas le droit  à l ‘erreur. Pas le droit à l’impasse. Pas de réaction dans la précipitation. Connaissance parfaite de son bateau indispensable.

 

Une randonnée pour aller au pied du glacier, se transformera en découverte des ravages impressionnants réalisés par les castors … ou ballade dans un superbe dédale marécageux gelé …  

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 Et puis, nous continuons notre route, direction les « senos », les « fjords ».

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Il faut partir dès le lever du jour maintenant car le temps de navigation a beaucoup raccourci : la nuit tombe bien plus tôt et nous devons finir les manœuvres d’amarrage à 16h30 au plus tard.

C’est notre premier contact cette fois, avec des glaçons tombés des glaciers … Première navigation dans le brash. Bruit des glaçons qui heurtent la coque. Doucement, tout doux ….

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Marc de Shag 2 arrive lui aussi dans le Seno Pia. Lui qui était 2 fois en Antarctique, n’hésite pas, avec son bateau en aluminium de 16 m …

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C’est bon de ne pas se sentir trop seuls dans cette première expérience au milieu des glaces, on hésite moins, on apprend à reconnaître les glaçons les plus dangereux –les plus transparents-, à savoir comment les prendre, à rester zen malgré les glaçons de 2mx3m qui viennent se bloquer contre le voilier et qu’on doit libérer.

La température de l’eau a beaucoup baissé à l’approche des glaciers : de 5 ou 6° à Puerto Williams, elle est tombée à 2-3° en moyenne, et nous l’avons même vue négative : -0,6°C à la Caleta Beaulieu, au pied du glacier Romanche dans le Seno Pia …………

Une grosse dépression passe … 60 nœuds en rafales sur notre zone.

A quelques encablures des bateaux, nous distinguons clairement la mer qui fume …. Heureux nous sommes de ne pas nous y trouver. L’abri n’est pas exceptionnel ici non plus, mais nous tenons, amarrés par 7 bouts en tout et 2 ancres, dont celle de Marc surtout, que par un heureux hasard des discussions, nous négocions et que Marc devra nous envoyer à son arrivée à Puerto Montt, au Nord des canaux  … Deal dont nous sommes très heureux vu l’impossibilité de trouver une bonne ancre ici ou même à Buenos Aires …

 

De bonnes soirées entre amis, de belles ballades au pied des glaciers, en annexe ou en voilier, survolés parfois d’un majestueux condor …

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Puis Marc et Djamilah  son équipière partent ensuite pour le Nord, tandis que nous continuons notre route vers le Sud Ouest …

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La durée du jour et les nombreuses caletas gelées  parfois complètement inaccessibles –comme 5 estrellas (la caleta 5 étoiles) – à moins d’accepter le risque de la casser et d’être à son tour repris dans une glace épaisse et de passer l’hiver là ….  nous forcent à de courtes navigation nous autorisant une autre option le cas échéant …

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Des caletas minuscules et hurricane-proof (hyper protégées) ou ventées mais protégées de la mer se succèdent, plus belles les unes que les autres, donnant souvent l’occasion de superbes ballades …

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Et puis, nous arrivons à l’extrémité Ouest de l’île Gordon, que nous contournons via le Barro Merino, superbe canal qui débouche sur le Brazo Sudoeste (bras SW) du Beagle … et l’Océan Pacifique …

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A notre grande surprise, l’Estero Coloane, magnifique cirque entouré de 3 glaciers, est libre de glace, contrairement à ce qu’avait trouvé Yoann quelques semaines plus tôt.

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La température est bien remontée : des -10° du début du périple, on est passé entre -3 et +5°C …

Nous profitons de cet endroit sauvage et d’une paisibilité absolue en apparence …

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Et décidons, après l’avoir testé lors d’une petite dépression, d’y rester pour une énorme dépression qui passe dans le Drake (passage entre le Horn et l’Antarctique), se creusant à 934 mb, avec des vents gribs annoncés un peu plus au sud à 65 nœuds et sur nous autour de 40-45 nœuds gribs (c’est-à-dire à chaque fois, beaucoup beaucoup plus en réalité …)

Nous apprendrons plus tard que même les pêcheurs n’avaient pas vu ça depuis 10 ans …

Nous reculons le bateau au maximum dans les arbres,

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le ficelons par 10 bouts et 110 m de chaîne d’ancre.

 

Advienne que pourra …………

Nous sommes à l’extrémité d’une zone météo de l’armada. 60 nœuds en rafales annoncés.

Sur la zone juste à coté : 80 nœuds en rafale. Hmmmmm …

Et là … quelques mauvais moments en perspective …

Opération Zen ……

Une minute de vidéo pour comprendre sur : http://youtu.be/Gzwofg-G0c8 ….

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Peu avant la tombée de la nuit, ça y est, notre paisible cirque se transforme en un enfer bouillonnant. La mer qui fume à 20 m du bateau. Des tourbillons qui soulèvent des montagnes d’eau. Les rafales qui dégringolent des montagnes, et s’écrasent puissamment au niveau de l’eau.

Et tout ça qui vient parfois mourir sur le bateau.

41 nœuds seulement mesurés sur notre anémomètre, qui perd les pédales et sous-estime probablement la vitesse du vent, car moyenne la vitesse sur 10 secondes et en tête de mât dans ces rafales déboulant de tous cotés, rapides et au niveau de la mer …

Nous prenons notre mal en patience. Notre amarrage tient bon, tout va bien. Nous commençons même à admirer la puissance des éléments qui se déchaînent pendant 2 demi-journées. Les enfants, comme dans n’importe quelles conditions, sont à la cool …

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Et puis, qu’est ce que c’est que ce truc ? un tourbillon énorme, de 100 m de diamètre et assez stationnaire, à 200 m du bateau. Celui là, il ne faut pas qu’il arrive jusqu’à nous …

Heureusement, de ceux-là, nous n’en verrons que 2 …..

Mais cela suffira à nous faire déguerpir malgré un jour blanc entre cette dépression et la suivante, dont le front chaud arrivait seulement 6 h après le front froid de la précédente …………

 

Ouf. La paisibilité retrouvée, même lors d’une dépression assez puissante, c’est reposant.

La Caleta del Bosque, dans l’Estero Fouque long de 11 milles, nous paraît un havre de paix.

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Estero Fouque, Estero Penhoat, nouveau cirque, nouveaux glaciers, nouvelles caletas …

Paysages de toute beauté.

Force et puissance de la Nature.

Beauté.

Harmonie.

Pureté.

Silence parfois troublé par le grondement d’un glacier ou le grognement d’un lion de mer.

Condor qui plane majestueusement.

Glaçon qui se promène au gré des courants.

Tout simplement.

L’homme a-t-il vraiment sa place ici ?

 

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Nous retrouvons notre ami Jose à la Caleta Ferrari, Bahia Yendegaia,  pour clôturer ce périple en beauté ……..

Au programme : Partage,  randonnée, rencontre avec des pêcheurs venus « commander »  de la viande à Jose, chasse aux castors et première ballade à cheval en autonomie pour notre preux chevalier, Sieur Titouan  …

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Avant de rentrer à Puerto Williams pour y  faire le bilan de nos 3 mois passés en autonomie …

C’est validé : nous sommes au point, tant en terme technique et de préparation du bateau, qu’en terme de gestion du froid, des approvisionnements, des consommables et des ordures …

A prendre en compte quand même, la pêche dont nous aurons bénéficié alors qu’elle est interdite en Antarctique.

 

… et  préparer notre départ pour la métropole ………..

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A bientôt !

 


Envie de Cap Horn …

Et si on commençait par le Horn ?

Après 3 semaines passées à Ushuaia, puis 3 semaines à Puerto Williams où les enfants scolarisés commencent à se familiariser à l’espagnol et se font leurs premiers amis … nous voilà partis pour ce Cap de tous les superlatifs, au palmarès effroyable …. Il n’y a qu’à regarder certaines cartes indiquant les épaves pour comprendre à qui nous avons à faire … et à réfléchir un peu au pourquoi ? … baigné dans de forts courants, entouré qu’il est d’un plateau continental rendant la mer très désordonnée, mer qui fait à cet endroit le tour de la planète sans trouver d’obstacle … c’est dire la force des éléments sur le cap le plus austral du monde au passage d’une dépression ….

C’est donc avec beaucoup de cette humilité qui est la nôtre depuis « notre » tempête dans le Golfe de Gascogne en 2003, que nous abordons cette navigation …

De Puerto Williams, nous sommes à un petit 100 milles (180 kms) du Cap Horn, et pourtant l’analyse météo est de rigueur …

Une petite fenêtre météo s’ouvre en ce milieu d’avril … juste le temps d’y aller, de le contourner, et de s’abriter, pas bien loin, là bas …

On se lance, même si on aurait bien aimé flâner un peu plus dans l’archipel des Wollaston qui l’entoure, parait il, si joli et si hostile à la fois.

Puerto Toro –cette fois le village le plus au sud du monde, décidément, Ushuaia, Puerto Williams et Puerto Toro se battent à qui mieux mieux pour ce titre !- , petit village de 27 habitants (càd 17 carabineros (police) et autres armada pour 2 familles de pêcheurs réunissant difficilement 10 âmes …), s’ouvre à nous avec son lot de bateaux de pêches …

Envie de Cap Horn ... dans 03 - Patagonie 118-Puerto-Toro-le-plus-austral-300x225  119-Puerto-Toro-300x225 dans 03 - Patagonie

 Une visite chez Gaston, Jessica et  leurs 3 enfants, de l’Armada - merci beaucoup pour votre accueil !-, quelques échanges avec les pécheurs, matériel, nourriture  et discussions, et on se donne rendez-vous à 5h45 le lendemain pour le départ …

Mais voilà, pêcheurs et plaisanciers ne vivent pas dans le même monde, ici ou ailleurs … ou comment entendre à 5h30 pendant la préparation de l’indispensable kawa, un bruit d’amarres sur nos haubans (câbles qui tiennent le mât) … Merde mais qu’est ce qu’ils foutent … Tenue d’Adam de rigueur, Franck sur le pont s’empresse de démarrer le moteur : les cons ! ils ont largué nos amarres alors qu’on est à 50 m des cailloux ! les cons ! ce n’est pas vrai ??? ils en ont oublié une et nous remorquent  par un taquet arrière comme un gros casier !! On gueule tout ce qu’on peut et enfin nous sommes libérés …

Quitte nous sommes pour un départ prématuré, de nuit, vers les Wollaston !  

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 Les îles défilent sous un beau ciel dégagé, puis arrive la fameuse et redoutée Baie Nassau, entre Puerto Toro et l’archipel des Wollaston, connue pour sa mer déjà mauvaise …

Nous apercevons au loin des îles à l’allure fantomatique, énigmatique, aux sommets enneigés, comme saupoudrés, dont les  formes biscornues nous intriguent … ce sont les Wollaston … et puis, qu’est ce que c’est, là bas ? comme un mirage, nous croyons voir … un iceberg !! comme un tabulaire posé sur l’eau et puis, non, nous nous rendons compte qu’il s’agit bien de montagne dont la neige plonge jusqu’à la mer …. 

9h … L’heure est au dernier fichier météo …

Ah ! la dépression s’est creusée ? 44 nœuds prévus au Horn au lieu des 35 ? Ah … euh… on ne ferait pas demi-tour ?

Grand bien nous a pris … nous apprendrons  quelques jours plus tard que le phare du Cap Horn a enregistré des rafales à 100 nœuds (180 km/h) pendant cette dépression …  plus fort que le cyclone que nous avons connu en Martinique …..

OK, reçu 5/5, dorénavant, on respectera la règle : le Horn, ou le passage du Drake (entre le Horn et l’Antarctique), c’est toujours avec maximum 25 nœuds annoncés sur tout le long, sinon, tu oublies ….

Nous allons donc nous abriter pour la nuit sur l’île Lennox avant de remonter plus au Nord pour s’éloigner de la dépression et se mettre à l’abri dans les canaux …

Et voilà qu’en plein milieu du repas, 2 bateaux de pêche (au bas mot 45 T à eux deux), amarrés à couple sur l’ancre du plus petit, nous dérivent tranquillement dessus …. Rebelote … Ca gueule, coups de corne de brume, on retient les bateaux à la main, à 50 cm de notre balcon avant, et à 50 m encore des cailloux …. Les marins rigolent mais ne bougent pas … Grandiose ! Enfin, les capitaines arrivent et réagissent ! Le plus gros est sur notre chaîne d’ancre, seul le plus petit peut manœuvrer pour les dégager … Ouf … c’est ce qu’on appelle une journée pêcheurs !!

Le lendemain et pour quelques jours, repos bien mérité après une navigation tranquille jusqu’à ce petit coin de paradis dans le Beagle, qu’est la Caleta Tres Mares …

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 Ballade auprès de chevaux sauvages … ou encore jusqu’à une ancienne estancia …

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Les petits comme les grands en prennent plein les yeux ….

Quelle récompense bien méritée !

La dépression est passée, bien planqués, on n’en n’aura pas ressenti grand-chose … ce qui n’est pas le cas de ces « arboles banderas » (arbres drapeaux) littéralement sculptés dans le sens du vent. 

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 Et c’est reparti, cette fois, c’est une fenêtre météo comme JE les aime : près d’une semaine annoncée tranquille ….

Puerto Toro, puis la fameuse Baie Nassau, mouvementée un peu, mais pas trop quand même …

Et puis, c’est l’Archipel des Wollaston, énigmatique, avec ses sommets saupoudrés et ses pentes d’apparence si sèche et pelée, baigné par endroits par de puissants courants qui déjà par temps calme nous  font faire un tour sur nous-mêmes …. On imagine les marmites d’eau bouillonnante quand le vent qui amplifie les courants est de la partie …… 

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Puerto Maxwell, sur l’île Hermite, est là, ce sera notre escale en attendant la fenêtre pour passer sous le rocher mythique …

Accueillis nous sommes par un ballet de lagénorynques obscurs (dauphins), d’otaries et de lions de mer qui passent gentiment sous l’annexe  alors qu’on va finir l’amarrage … petit moment de solitude …

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 Et puis les jours passent. La fenêtre ? un jour continu de pluie, puis 2 jours blancs, continus, de neige.

Et enfin, en ce dimanche 22 avril … le ciel bleu est de retour, avec un vent assez modéré ……

Cette fois …. C’est parti …

Nous remontons nos 3 amarres, notre ancre, nous faufilons entre les rochers et débouchons dans  … le Pacifique !

Nous admirons les quelques îles qui précèdent l’île Horn et soudain il apparaît, comme un éléphant posé sur l’eau …… 

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 Le voilà, il approche.

Des dents ciselées sortent par endroits au large des îles, et puis des cailloux à fleur d’eau au milieu de nulle part, qu’on imagine particulièrement traîtres par mauvais temps ou mauvaise visibilité.

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 Le Petit Prince les contourne, et passe le Cap Horn par 56,00°S ……… 

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Des pensées pour tous ces explorateurs, tous ces aventuriers passés là avant nous affluent.

Des pensées pour tous ces marins engloutis ici.

Comme un hommage.

 

Autre époque, autres moyens c’est sûr … mais …

Nous y sommes. En famille, sur notre voilier et par nos propres moyens.

L’accomplissement d’années de travail et de rêve : Le Petit Prince et son équipage sont Cap Horniers !

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 Et puis, le regard se tourne vers le Sud, seul le passage du Drake nous sépare de l’Antarctique qui déjà nous appelle …

 

Et voilà que Titouan veut maintenant sa boucle d’oreille de Cap Hornier ! Aïe !!  Tout juste lui accordons nous parfois son droit à pisser au vent !

 

Petite déception quand même, nous aurions aimé débarquer sur l’île mais le vent d’Est, mal orienté, nous en a empêché …

Mais le lendemain, Ivan, le gars de l’Armada en charge avec sa famille, du Cap Horn, nous appelle pour nous informer que les conditions de vent, d’ouest cette fois, pourraient nous permettre de débarquer …

Et c’est reparti … La météo, nous l’avions déjà constaté, est très changeante en Patagonie … en une journée, les 4 saisons … alors d’un jour à l’autre !

C’est sous la pluie battante que nous quittons la Caleta Martial, sur l’île Herschel, et abordons  l’île Horn cette fois par l’Est où est située l’unique caleta, la Caleta Leon … Hmm … ca déferle bien quand même … hmm … 25 nœuds. Hmm … mais le vent est bien orienté et ne rentre pas directement. Hmm. Il faut de l’audace après tout ! Bon. Mais, si on lâche l’ancre suffisamment loin pour éviter –peut-être – d’emmêler notre ancre avec toutes les chaînes connues pour accrocher tout ce qui arrive au fond, ne sera t’on pas trop dans le vent ? Bon. Allez, on y va, on verra bien.

Et puis, le débarquement en annexe. Hein hein … Du kelp à droite, des déferlantes sur un rocher à gauche, des énormes galets sur la plage où ça déferle sec. Hein hein. Bon, allons  y à la rame.

Ouf, c’est fait et Ivan nous accueille sur la plage, extirpe en vitesse les enfants et nous aide à remonter l’annexe à l’abri des vagues.

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 Nous y sommes !

On pensera au retour un peu plus tard !

Ivan et sa famille nous font partager leur univers, eux qui vivent là, seuls, pour un an, à surveiller le passage des voiliers et autres cargos.

Le Monument aux Cap Horniers, l’Albatros  errant, celui qui emmène sur ses ailes et pour l’éternité,  tous ces marins qui ont perdu la vie ici,  est là, devant nos yeux, avec en arrière-plan ce fameux Cap, hier si majestueux, aujourd’hui presque sinistre mais toujours aussi redouté  …

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Nous apprenons qu’hier, nous étions le voilier le plus au Sud, du moins du continent Américain ! mais aujourd’hui notre pote Brice, de Podorange, s’apprête à débarquer lui aussi,  en laissant pour sa part quelqu’un à bord pour ne pas lâcher l’ancre …

 

Et puis, c’est la visite du Phare, puis de leur maison où ils nous accueillent chaleureusement …

De la cuisine, une vue fantastique : l’Atlantique à gauche, le Pacifique à droite, et là bas, un peu plus loin, au milieu … l’Antarctique !

Le quartier de l’école est là, car eux aussi, sont en autonomie … Echange de méthodes …

Et puis, le coin météo, avec tous les indicateurs et autres radars …

Ah ! Le vent est en train de monter, c’est souvent le cas l’après-midi apparemment … Ah. 45 nœuds en moyenne. Bon, il va falloir y aller ………

Toute la famille nous accompagne après ces quelques 3 heures passées ensemble … Embarquement un peu tendu mais tout s’est bien passé … Petit stress au moment de remonter l’ancre, mais là encore, notre Bonne Etoile, comme dirait Manu, était avec nous ……

Merci Ivan, Ivan Jr, Daniella et Paula … et peut être à bientôt !

142-Merci

 Une belle marche le lendemain sur les sommets de l’Ile Herschel, où nous avons été incroyablement surpris par cette terre en apparence si sèche mais en réalité si gorgée d’eau et de canyons où le sol, de la tourbe, est mou et bouge à plus de 5 m quand quelqu’un saute …

Encore quelques beaux mouillages –la caleta Lientur, et autre caleta Middle sur l’île Wollaston- pour visiter cet archipel – parc naturel du Cap Horn -  si isolé, si sauvage et nous l’espérons pour longtemps encore, si préservé …

Et nous profitons du dernier jour de vent de Sud avant l’arrivée d’un vent de Nord –càd de face, bof bof !-  annonciateur de dépression … pour regagner tranquillement Puerto Williams, notre nouveau port d’attache, nous gorgeant encore au passage des beautés que nous offre cette contrée magnifique ……

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Nous avons encore trop de choses à découvrir dans ce superbe archipel, dont nous n’aurons exploré, en une semaine, quasiment que la partie Est … C’est sûr, nous reviendrons …

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Ushuaia et Puerto Williams, soeurs ennemies

Ushuaia …

Cet endroit du bout du monde que nous espérions, objet de tous nos efforts de ces dernières années, Ushuaia, cette fois nous voilà …

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Envoûtés nous sommes par la magie de ces montagnes qui plongent dans la mer ……  de ces paysages époustouflants, omniprésents et mystiques.

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A peine arrivés en Terre de Feu que déjà nous comprenons l’évidence : notre Paradis est là, sous nos yeux …… et ce n’est pas les quelques mois que nous prévoyions initialement qui suffiront à l’explorer …………

 

Et puis, c’est la rencontre avec ces voiliers mythiques, dont on entend parler pour certains depuis bientôt 10 ans ……  Valhalla, Vaihere, Podorange, Esprit d’Equipe, Paradise, Parati 2 et même Kotick, qui nous offrira notre premier objet magique : un de leurs baromètre … Merci Alain, merci Claudine !

Oui. Magie du Grand Sud. Plus de barrière, la solidarité est là, petits et grands, spécialistes ou non, se cotoient, s’entraident  et s’apprécient en toute simplicité …

Les enfants font la connaissance de Gaston, petit bout d’homme au caractère bien trempé, qui du haut de ses 11 ans, avec ses parents Pascal et Bernadette, vadrouille de l’Antarctique jusqu’au Groenland depuis des années …… 

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Mais aussi de Mia et Emma,  grandes  complices de leurs escales à Ushuaia , dont les parents, Eric et Claude, de Vaihere, deviendront aussi  nos amis les plus proches, à nous parents. 

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C’est aussi le retour d’Antarctique de Nemo of Sweden, mais avec pour seul homme à bord … Martin, le Viking,  équipier, épuisé mais heureux, son capitaine ayant été rapatrié en Suède suite à des crises de folie, une fois arrivé en Antarctique ….. 4 jours de traversée du Drake, 4 jours à repousser  toujours plus loin ses limites pour sauver sa peau dans ces mers réputées les plus dures du monde …………………….

Antarctique. Antarctique sur toutes les lèvres.  Martin, Damien comme équipier ? Et puis non, à force de discussions,  c’est tout seuls, en famille, que nous prévoyons de vivre « le voyage d’une vie », au prochain été austral …

 

Quelques fêtes entre amis et c’est le départ pour le Chili, de l’autre coté du Beagle d’où nous pourrons rendre visite au Grand Cap, le Cap Horn, ou encore,  aux foultitudes de glaciers qui parsèment les canaux chiliens …

Le temps de signer comme à chaque départ d’un port argentin une déclaration comme quoi nous ne nous rendons pas aux Malouines …. car les Argentins du Nord au Sud, 30 ans après, en ont toujours après les anglais ……

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Et c’est ainsi que sur toutes les voitures d’Ushuaia ou presque, on peut lire « Ushuaia, capitale des Malouines Argentines » …………. Ou encore, que tout voilier de retour des Malouines en Argentine, parti là-bas sans avoir d’autorisation préalable, est passible de 5000 euros d’amende ……..

 Les tensions territoriales avec le Chili se ressentent aussi … Ainsi le Beagle est il très surveillé par les 2 parties, avec –sous prétexte de sécurité en navigation- des contrôles de la Préfecture Navale Argentine et de l’Armada Chilienne tous les 10 milles …. On n’était pas venus ici pour subir ce carcan là mais on s’y fait …..

Et les îles chiliennes , truffées par eux-mêmes de mines antipersonnel, qui  commencent juste à être praticables sans danger …..

Inutile de vous battre, le Beagle est FRANÇAIS !!!!

Car les 2/3 des voiliers ici battent bien pavillon français !!

 

Quelques heures suffisent pour rallier Puerto Williams, port d’entrée au Chili mais aussi … 

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Puerto Williams, petit village tranquille même si à l’origine garnison militaire, approvisionné une fois par semaine par un ferry arrivant de Punta Arenas sur le Détroit de Magellan.

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Puerto Williams,  simplicité des relations … ou comment inscrire nos enfants à l’école en moins de 5 minutes …

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 Car c’est bien dans cette petite école face au Beagle  qu’Anaa fera ses premiers pas dans une classe … avec pour objectif,  comme  Titouan, de se faire à l’espagnol et d’oser aller à la rencontre de l’autre,  hispanophone ou non ……

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Merci aux Tias et à tous les élèves de Prekinder, et à bientôt !

Puerto Williams, c’est aussi le Micalvi, le club nautique le plus austral du monde …   

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 … mais surtout une merveilleuse terrasse, quelque soit la saison ……………………………

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Jamais nous  n’aurions pensé trouver un tel ressourcement dans un port ………………… un plaisir de tous les instants …….. pour les petits et les grands …

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Puerto Williams, c‘est un pied à terre pour de superbes randonnées, voire treks, sur l’île Navarino, comme au Cerro Bandera ou aux Dientes de Navarino …

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Et  c’est, comme en Terre de Feu, l’endroit où admirer les 4 saisons en une journée ……

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 Puerto Williams, c‘est enfin, le point de départ … vers le Cap Horn, à 90 milles de là … et les glaciers à 40 milles ……

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A bientôt !

 


Descente sur Ushuaia …..

28 Février 2012.

1492, la musique du film.

Je le sais. J’ai compris.

Je m’extirpe de mon lit douillet et chaud, dans cette chambre où le froid règne désormais.

Me voilà sur le pont.

Les larmes coulent à flot sur mes joues.

Musique et  éléments m’étreignent.

Le Détroit de Lemaire. Le Détroit de Lemaire est devant nous.

La Terre de Feu et ses sommets enneigés à tribord, l’Ile des Etats et son relief déchiré à babord.

Et au milieu, le Détroit de Lemaire, ce fameux Détroit de 16 milles de long, où des vagues monstrueuses peuvent lever.

 

Nous y sommes.

Le rêve devient réalité.

L’aboutissement de tant d’années de travail, de programmation psychologique et de préparation du bateau comme de préparation physique.

Nous y sommes.

 

Extase.

Joie intense.

De la peine à y croire.

Et ces dauphins qui  nous escortent.

Magie de cette rencontre entre nous, la Nature, … et nous-mêmes.

Et puis … Frisson…….

Que nous réserve ce Détroit si mal famé dont on sait devoir se méfier malgré l’arrivée toute proche et qui nous maintient sous une forte pression ?

 

19 Novembre 2011.

C’est heureux mais fatigués que nous jetons l’ancre dans l’avant-port de Buenos Aires, au milieu de la nuit, après avoir essuyé un refus des 2 yacht clubs de l’endroit pour s’y amarrer – pour cause de championnat du monde de J24 ………

Ou le début d’une –nouvelle- lutte administrative.

Qui dit pas de place dans un yacht club, dit impossibilité de se déclarer aux  douanes et à  la Préfecture Navale, 2  des 3 administrations obligatoires pour qui arrive dans un pays d’Amérique du Sud en voilier. Et rester dans l’avant-port est interdit …

Alors, on fait comment ???

Esprit rationnel s’abstenir.

Il y aurait de quoi écrire un livre sur les administrations en Amérique du Sud ……….

 

Chacun a ses coutumes et il est bon parfois de s’approprier celles de certains. Nous par exemple, nous avons choisi celle de nos amis Rolf et Deborah sur Northern Light, ces amoureux de l’Antarctique :

Une bonne nuit pour affronter la lutte administrative à l’arrivée et surtout, une fois sortis de l’ornière, ……… une bonne glace en récompense.

Nous avons même choisi mieux …. Nous, c’est Ice cream time avant l’heure … une sorte d’acompte sur récompense ….

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Il faut bien ça parfois … puisque sortir de l’ornière nous aura pris plus de 5 jours ….

5 jours pour obtenir enfin une place au ponton, -encore un sketch d’orgueil argentin-,

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 après un « pamperito » dans l’avant port (25 nœuds à Buenos Aires mais 50 nœuds quand même à Colonia en Uruguay, de l’autre coté du Rio de la Plata) et surtout, l’aide de notre ami Oscar et de sa femme Marielena, sur leur petit voilier Revancha 2, adorables ,  qui ont joué de leurs relations pour débloquer notre situation ……

 

Nous pouvons enfin profiter de cette ville magnifique, aux espaces verts nombreux, à l’architecture hyper moderne, ou encore à l’ambiance rétro qu’est Buenos Aires.

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Une belle démonstration de tango au détour des rues, des rollers, des vélos, des skates partout.

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Oui, l’Argentine, c’est le royaume de la bonne viande, du sport et des belles femmes …..

 

Nous quittons Buenos Aires pour San Fernando, le rendez-vous des bateaux en chantier, où nous souhaitons faire les préparatifs finaux  pour la descente sur Ushuaia.

Quelques détours dans de petits rios,

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et nous sommes cette fois accueillis à bras ouverts au Club Barlovento …  

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Petit club peinard où la French connection fait rage, mais où aussi et surtout, beaucoup de voiliers se préparent pour la descente ….

L’heure est donc aux rencontres ….

Celle, magnifique, de Cathy et Titou, musicien, peintre, bref,  artistes … cœur bon,  discussions profondes, chaleur,  confiance.

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Celle de Martin et Andreas, de Nemo of Sweden, 2 suédois très sympas, un peu bargeots peut être,  et redoublant d’énergie, qui partis mi décembre, veulent être de retour d’Antarctique en mars, à Buenos Aires ……….

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Celle de Damien et Anne-Laure, sur Nabucco, 2 français adorables eux aussi en partance pour le Sud …… qui nous apprendront bientôt une bien drôle d’équation : 1 + 1 = 3 !!!

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Et puis, des retrouvailles auxquelles on n’osait plus penser …….

Didier et Isabelle, dont on savait qu’il se dirigeait vers le Sud. On les a cherchés dans tous les mouillages sur leur Ovni Indigo …. Et les voilà qui viennent  s’amarrer à coté de nous …… sur leur nouveau bateau, Zigoto, un Maracudja …….. On pouvait toujours chercher ………….

Euh … on se serait pas déjà vu quelque part  ???

 -Merci les crashes de disque dur pour l’absence de photos …..-

De belles soirées en perspectives, les uns qui partent trop tôt, les autres qui arrivent …………..

De parilla en parilla (barbecue) ,

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Le temps passe ……

Anaa fête ses 4 ans le 16 décembre, alors que Nemo pointe l’étrave vers le Sud ……

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Et puis c’est Noël …

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Et une bonne parilla pour Nouvel An …..

 

Heureusement, au milieu de toutes ces fêtes, ça bosse quand même …

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La pileta –piscine- du club verra les premières vraies longueurs de Titouan …….

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Quant à Anaa, il ne lui a fallu qu’une semaine de plus pour faire ses premières largeurs sans les brassards – photo mensongère –

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Fatigant tout ça ….

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Mais il n’y a pas qu’eux ….

Le Petit Prince s’est équipé de ses armes ultimes ………           

Franck ne voulait pas se replonger dans la chaudronnerie, mais désespérant des devis et des délais, nous a conçu et réalisé un magnifique parebrise … Pari difficile mais pari gagné …….

Et Patricio, « Pato », de Yacht Canvas, y a ajouté sa touche perso : une capote souple optimisée au millimètre pour nous protéger du vent, de la pluie, des embruns, voire des vagues ………

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Sans oublier un pilote automatique pour petit temps, directement branché sur le régulateur d’allures …

 

Bateau et équipage sont fin prêts.

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Nous sommes le 26 janvier 2012.

Nabucco est parti voilà presque 3 semaines, mais nous apprenons qu’ils sont à Montevideo en Uruguay, et partent en même temps que nous … direction Mar del Plata -The Gate,  « La Porte », la Porte d’entrée de la Patagonie.

 

 Cette fois pas de détour, nous prenons le chemin le plus court, mais aussi le moins profond …. Hmm 2,10 m indiqués au sondeur … Hmm … c’est exactement notre tirant d’eau …. Doucement, tout doux, ça passe. On a gagné 4 heures mais perdu quelques gouttes de sueur ….

Et puis, c’est le Rio de la Plata, dans l’autre sens cette fois …. Le vent n’est plus portant mais plutôt pas mal de face, plutôt désagréable, et plutôt beaucoup plus fort que prévu : 27 nœuds pour 11 annoncés … Vive les gribs près des cotes  … Une nuit de temporisation pirate à Colonia coté Uruguay, et nous repartons pour Mar del Plata …

Plus de baleines, mais cette fois, c’est une tortue luth qui nous fait l’honneur de sa présence ……..

Déjà, capote, parebrise et pilote ont changé de nom :

Désormais, ils s’appellent Sainte Capote, Saint Parebrise, et  Saint Pilote.

Merci Saint Pato !

La navigation change de visage. Finis les embruns, fini de se faire arroser à la moindre vague … et quand le vent manque, finis les quarts à tenir la barre sous un soleil de plomb ou une pluie battante.

Peinards nous sommes, bien à l’abri, à regarder régulateur d’allures et pilote se débrouiller, à voir notre bateau qui avance, tout seul ……..

 

Mar del Plata, 37°49S,  est là, avec sa digue menaçante, ses récifs grandissants et surtout, nos premiers lions de mer ….

La porte des Yacht Clubs s’ouvre ….. Nos amis, Oscar et Marielena de Revancha 2, et Damien et Anne-Laure  de Nabucco, sont là pour nous accueillir … Merci à vous tous !

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Un bon asado à l’argentine en perspective : barbecue au feu de bois, de la viande excellente à n’en plus finir, Oscar et Marielena nous présentent à leur famille et amis … et profitent de la nôtre … Ils seront ici un peu comme nos parents et Marielena sera avec Titouan et Anaa , la grand-mère gateau qu’elle rêve de devenir ……. 

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Merci à tous les 2 pour votre accueil, et pour ton sourire, Marielena ….

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  Au milieu d’une belle semaine de régates …

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… l’heure est aux derniers achats, bouts, gasoil, appros, dernières vérifications du gréément …

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10 février 2012.

La fenêtre météo est là.

The Gate is open. La Porte est ouverte………

 

Nabucco s’élance 5 heures avant nous … Rendez-vous dans le Sud !

Nous souhaitons descendre jusqu’à Caleta Horno -45°S- mais savons devoir rencontrer un front assez puissant nous apportant du vent de Sud.

Plutôt que de nous arrêter, nous décidons de continuer et d’en profiter pour tester certaines configurations du bateau, comme la mise à la cape –mais pas à sec de toile cette fois …..
Les 40èmes rugissants et mon anniversaire arrivent ….

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… avec un beau cadeau ….

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Le front passe, 32 nœuds tout au plus comme prévu par les gribs, on arrête le bateau tranquillement, pendant une douzaine d’heures  … et ça repart, pour une navigation à la cool jusqu’à notre destination ………

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Mère Nature nous a laissé passer.

Nous voici à notre premier mouillage en Patagonie : Caleta Horno.

Première toile d’araignée tissée entre les rochers.

Première exploration.

Magique.

Roche rouge flamboyante. Pampa. Guanacos (cousins du lama) partout. Seuls au monde.

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Nous prenons notre temps et décidons d’aller à l’Ile Tova, un peu plus à l’intérieur du Golfe San Jorge.

Et là ………..

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« C’est l’Eden retrouvé. Faut-il encore que les hommes se battent ? » m’a écrit un jour une personne qui m’est chère.

Oui, c’est un véritable petit paradis que nous avons trouvé là.

Nos premiers  manchots de Magellan. Des manchots de Magellan, adultes ou juvéniles, partout, à perte de vue, sur la plage, les falaises mais aussi dans le moindre buisson de cette île pourtant assez grande …

Incroyable …

Sans compter les rongeurs et autres tatous …

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Ni cet autre oiseau mythique du Grand Sud, qu’on a pu admirer à loisir : le Pétrel Géant, qu’on surnommera le Bombardier Lourd  tant son vol est rapide et sa taille impressionnante.

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 Nos petits explorateurs ont même découvert des os de baleine non loin de maisons abandonnées qui probablement formaient la base des baleiniers.

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Le temps de fabriquer un beau cairn au sommet, le temps aussi d’un dérapage de 500 m sous un grain à 37 nœuds sur fond d’algues –malgré un test initial à 2000 tours … heureusement la baie est grande …

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Et la fenêtre s’ouvre pour la suite de notre descente …..

Objectif : Puerto Deseado, 47°45S, quelque 190 milles plus au Sud, le dernier abri « correct » avant le Détroit de Lemaire  …….

Navigation assez mouvementée entre pétole et vent pas forcément aussi favorable que prévu , couronnée par une arrivée de nuit dans un port mal pavé, mal positionné sur les cartes et au courant de marée plutôt violent : 5 à 6 nœuds ………

Bienvenue dans le Sud … La chaleur de l’accueil, même à minuit, n’a plus rien à voir avec les péteux du Nord …. Ainsi nous propose-t-on au milieu de la nuit, de nous mettre à couple d’un remorqueur.

Discussion jusqu’à 2 heures du matin avant ce qu’on s’imaginait un bon sommeil réparateur.

Eh bien non ….. Voilà le remorqueur qui nous réveille 4 heures plus tard ….. OK on va mouiller dans la baie de l’autre coté du Rio …. Oui mais le Rio, quand il y a un peu de vent et surtout les 5 ou 6 nœuds de courant … il n’est pas si simple à traverser en annexe … ou comment arriver trempés dans les bureaux de la Prefecture Navale, à leur faire pitié au point qu’ils installent les enfants devant le radiateur !!!

 

Bref, Deseado, ni d’un coté, ni de l’autre, n’est terrible. Et en cas de coup de vent, nombreux sont les bateaux qui se sont mis à la cote ….. 

Pas envie de rester là bien longtemps.

Et puis, ça tombe bien …. Ca fait un petit moment qu’on l’observait cette fenêtre météo qui semble bien s’installer … Oui c’est bien ça, une énorme fenêtre météo avec du vent favorable et modéré ou pas de vent du tout pendant 5 ou 6 jours. Il nous faut 4 à 5 jours pour arriver au Détroit de Lemaire juste avant lequel on peut s’abriter. Ca devrait passer.

Le repos ? le Gasoil ? les appros ? on a encore un jour pour faire le plein : course contre la montre. Huhum, on n’avait vraiment pas besoin de ces 200 l de gasoil à bidonner pour partir fatigués ….        

2 jours après notre arrivée à Puerto Deseado, c’est une nouvelle et grande Gate qui s’ouvre …

Notre dernière mais assez terrifiante  étape avant notre arrivée en Terre de Feu.

Une petite pensée pour Thomas, de Nunatak, équipier de Michele Demay en Alaska, et qui a préféré que sa petite famille le rejoigne à Ushuaia pendant qu’il descendrait avec 3 autres équipiers.

Une petite pensée aussi pour notre pote  Tonio, sur son  « Moustique », ce Pogo 6,5 que nous avions salué à coup de corne de brume lors de son départ en transat depuis Mindelo  au Cap Vert  7 ans auparavant … Tonio, 23 ou 24 ans, disparu en mer, ici, entre Deseado et Lemaire, dont le bateau a été retrouvé aux Malouines, rempli d’eau, voiles déchirées, par Dion, le fils de Jérôme Poncet –« Damien ».

Nous le savons. Ici, 30 nœuds annoncés peuvent se transformer en 70 … comme ce qui est arrivé à Tonio, paraît-il.

Nous le savons. Le plateau continental qui s’étend très au large rend la mer très courte et crée des vagues énormes, voire facilement désordonnées …. Lieu de prédilection des vagues dites « scélérates » ?

Nous le savons, il est conseillé de suivre la cote pour éviter le fetch en cas de gros temps.

Nous le savons, il ne faut couper en ligne droite qu’en cas de météo hyper fiable.

Nous le savons.

 

25 février.

J’ai décidé du départ. Des départs.

Franck a décidé de la route : la ligne droite.

Et maintenant, nous y sommes. Et maintenant, nous gambergeons. Est-ce la bonne décision ? Est-ce demain qu’on se prend notre rouste ? Doit-on se rapprocher de la cote ?

Pourtant tous les indicateurs sont et restent au vert ……….

Une trentaine de nœuds vent arrière nous pousse entre 7 et 9 nœuds puis le vent mollit tranquillement ….

Le Détroit de Magellan est derrière nous. Le Détroit de Lemaire se rapproche. Il ne faut le passer qu’avec vent et courant dans le même sens, sinon, c’est l’Enfer ….

Quelques calculs rapides, on envoie les watts, Franck pousse même un peu au moteur  pendant son dernier quart ….

Et nous voilà, ce 28 février 2012 ………

Il est là, ce fameux Détroit, là devant nos yeux embrumés par ces larmes de joie qui réchauffent le cœur, il est là, entourés de sommets enneigés.

Nous sommes limite dans les temps pour le passer. Après le courant s’inversera … et là …. Ce serait le mauvais scénario, un petit 20-25 nœuds de vent dans 3 à 8 nœuds de courant contre … non non non ….

Les magnifiques  dauphins  de Commerson, tout noirs et blancs, qui ont accompagné notre sortie de Deseado pendant des heures …

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 … sont remplacés aujourd’hui par un ballet de lagénorhynques joueurs qui semble nous indiquer la voie.

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 Nous déboulons entre l’Ile des Etats et la Terre de Feu à 10 nœuds ….

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Malgré vent et courant favorables, nous sentons déjà cette mer très désordonnée, avec des vagues arrivant de tout coté.

Oui, nul doute, c’est mal pavé, la mer peut être très dangereuse par ici, les vagues scélérates, à la confluence des courants du Cap Horn et de l’Ile des Etats.

Nous nous dépêchons donc de sortir du Détroit, le courant s’inverse petit à petit  et nous  arrivons …. une fois n’est pas coutume … à minuit, avec

un fort courant contre, à notre premier mouillage fuégien (en Terre de Feu) : Bahia Aguirre.

Heureusement, le sort qui nous a été réservé, n’a pas été le même que celui de Manu, qui sur son Super Challenger de 9 mètres, s’est fait happer par le courant contraire à 3 milles du mouillage, a été renvoyé dans le Détroit qu’il a donc dû passer 3 fois au lieu d’une, couché à plusieurs reprises dans 60 nœuds de vent …. Mais il est encore là pour en parler !

 

Le lendemain, la Patagonie ouvre à nous ses merveilles : des lagénorhynques partout, qui nous font un véritable festival, et puis ……….

C’est l’entrée dans le Canal Beagle ……. Ce canal dont on a si longtemps entendu parler, ce Canal dont on a si souvent admiré des photos.

Le Beagle est là ………………… Nous y sommes ……………..

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Encore une escale et nous passons devant Puerto Williams, la commune la plus australe du monde dit-on ici.

Et entre Puerto Williams et Ushuaia …. Encore une magnifique récompense à tous nos efforts ….

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Des Rorquals Boréals, ces baleines dites de Sei,  de 15 à 19 mètres, partout, à quelques mètres du bateau, qui viennent même passer sous l’étrave à se demander si elles ne vont pas soulever le bateau, et à en recevoir le souffle en plein visage ………

Waouuuuhhh !!

 

Et enfin, le 1er mars 2012 …………..

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Le Petit Prince est arrivé.

Arrivé à USHUAIA !!!!!

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A bientôt !

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Back to Brasil – la réconciliation

Back to Brasil – la réconciliation !

 

Après notre magnifique voyage à terre, nous retrouvons notre petit bateau qui nous attendait sagement à Récife …. Pari gagné, un peu soulagés nous l’avouons …

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Le temps de visiter Olinda, ville voisine, inscrite au Patrimoine mondial de l’Unesco, dont tant de monde nous a parlé ….

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-rien à voir pourtant avec les merveilleuses villes boliviennes ou péruviennes -

Et nous quittons cette ville triste et sans âme qu’est Recife, « là où le mythe du maillot de bain brésilien s’écroule », direction Salvador de Bahia …

Notre descente peut enfin reprendre ….

 

Le Petit Prince retrouve vagues et embruns, escorté par un magnifique ballet de 3 baleines à bosse qui jouent et sautent à coté du bateau pendant plus d’une heure ………

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 Merci Dame Nature, pour ce fabuleux cadeau ….

 

Et puis, c’est l’arrivée à Salvador ….  Et le début de notre réconciliation avec le Brésil ….

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 Jolie ville assez charmante, où l’homme trouve encore sa place.

Ballades pour prendre le pouls de la ville, les enfants qui admirent les danseurs de capoeira, visites, 

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 … petite plage au vent pour éviter les plages plus calmes donc bondées …

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Et puis, nous partons nous enfoncer un peu plus dans la Baie de tous les Saints …

Itaparica entre autres, petite île sympa au rythme tranquille …

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Un petit détour aussi sur l’Ilha do Frade en face d’un village de pêcheurs, puis, c’est la remontée du Rio Paraguaçu.

Et voilà notre Petit Prince tanqué dans un banc de sable … faute d’avoir su apercevoir une entrée dans les pans de verdure dense ….  Ou comment passer une bouée du mauvais coté …

On aurait mieux fait de les suivre au lieu de les prendre en photos !!!

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Petit tour de passe-passe et nous voilà seuls au monde, mouillés entre 2 ilots, royal.

Nous remontons un peu plus haut, dans un joli village de pêcheurs, Maragojipe, aux pirogues et barques de pêche plus belles les unes que les autres ….

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On profite, on prend le temps, on s’entraîne encore un peu, avant d’entamer notre descente vers Rio de Janeiro, où nous savons pouvoir rencontrer nos premiers coups de chien …….

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Descente magnifique entourés de baleines à bosse qui nous accompagneront presque tous les jours jusqu’au Sud de Rio … on est synchro avec leur descente en Antarctique … mais nous nous arrêterons avant !!

Un petit arrêt sur l’archipel des Abrolhos, réserve naturelle où une baleine à bosse et son baleineau nous feront le plaisir et l’émotion de passer tranquillement à coté du bateau au mouillage … Magique …

Et c’est reparti. Les tcheuregs sortent du four : on est fin prêts pour la nav  ….

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Le temps d’une énorme daurade coryphène au bout de la ligne … petite pensée reconnaissante pour Frédéric ……

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… et puis le Cabo Frio arrive, juste au Nord de Rio, ce cap à la renommée assez sinistre … contourné  sans encombre même si nous sommes passés d’une quasi pétole à un bon 35 nœuds et une mer assez courte …….

Rio approche, Rio est là … mais, sous un brouillard à couper au couteau ….

Le Pain de Sucre ? passé  à 500 m, invisible !

Tentative de mouillage à la Marina Gloria, en plein cœur de la ville … on nous rappelle à l’ordre, c’est interdit, il faut se mettre au ponton. Amarrage fastidieux à 18h, juste le temps d’extirper au responsable le prix de la place avant qu’il s’en aille et nous donne rendez-vous pour le lendemain … 160 € la nuit ?? Ah ben, non, finalement on part dans 20 minutes ….

Et nous voilà mouillés au prestigieux Iate Clube de Rio de Janeiro (ICRJ), au pied du Pain de Sucre ……. Wouaouh !!!

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Rio la Magnifique s’ouvre à nous, parsemée de verdure, de lacs et de montagnes, entourés d’îles et d’océan … entre mer et montagne, tout y est pour y vivre heureux !

Nous profitons de cette géographie particulière pour profiter d’une petite plage en famille coté Atlantique … au pied du Pain de Sucre … en admirant les férus d’escalade qui s’attaquent à ce dernier ….

 

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De quoi donner des idées à notre petit prince qui pendant une petite fête du Yacht Club, expérimentera escalade, rappel et tyrolienne, pendant que sa sœur sera transformée en petite princesse …

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Et puis, l’heure est aux visites.

Nous sortons de notre prison dorée …  Quelle drôle de liberté que celle des riches, de s’enfermer entre eux derrière des barreaux …..

Les favelas ne sont certes pas très loin, même si nous sommes en plein cœur de la ville.

Nous nous sentons parfois en relative insécurité dans certains quartiers quand ils sont déserts, mais tout s’est bien passé malgré la nette tentation de voler le pauvre sac à dos déchiré de Franck, d’un gamin à un moment.
Rio semble-t-il, a été bien assainie depuis 2 ans où c’était presque la guerre civile, hélicoptère de l’armée abattu à coup de basouka etc …. Ainsi, une centaine de favelas auraient déjà été assainies, et l’intégralité est sensée l’être d’ici à 2016 ….

A-t-il fallu la future coupe du monde et les JO à venir pour améliorer la situation ?

Peut être, mais c’était déjà la volonté affichée par Lula avant son successeur actuel, d’aider les pauvres de son pays.

En tout cas le résultat est là : pendant les 2 mandats de Lula, soit 8 ans, le Brésil n’est plus débiteur mais bel et bien créditeur auprès du FMI, 14 millions de postes ont été créés, la population vivant sous le seuil de pauvreté a été divisée par 2 (même s’il en reste encore 11% ……….) et 19 millions de personnes sont passées dans la classe moyenne.

Bravo !

Nous comprenons pourquoi les Brésiliens semblent n’avoir que faire de l’Europe, qui s’il ne l’a pas encore dépassée, ne tardera pas à le faire ….

Quel dommage cependant, bien que compréhensible peut être vu leurs préoccupations souvent plus alimentaires, d’avoir si peu de respect pour l’environnement, qu’ils soient pharmaciens, avocats ou gamin des favelas, à balancer sans vergogne n’importe quoi à la mer.

Et voilà comment nous découvrons souvent, avec stupéfaction, plusieurs étages de déchets au large de Rio, en fonction des différents courants sous-marins.

 

Nous ne pouvions pas rater ça, tant pis, nous faisons un peu les touristes, mais la montée au Pain de Sucre s’impose, qui nous offre une vue fantastique sur Rio …

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Mais Rio c’est aussi ça : des rues bondées ou désertes, à l’ambiance de début de siècle dernier ou au design futuriste, …

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… une affreuse cathédrale tout béton (sauvée par ses vitraux vue de l’intérieur), l’une des plus belles fêtes de Carnaval au monde, dans le fameux sambodrome réalisé par un architecte bien connu ici et ailleurs : Oscar Niemeyer  -plutôt tristounet sans les couleurs -, sambodrome avec comme souvent dans les hauteurs, des favelas en toile de fond …

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Petits et grands se régalent enfin à visiter un sous-marin, un hélicoptère et autres bateaux réformés de l’armée …

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Malheureusement, la grisaille, le brouillard et la pluie seront de mise pour le reste de notre séjour là-bas. Les fameuses plages d’Ipanema et Copacabana ? sous la pluie. Alors le mythe du maillot …. On vous dira ça une prochaine fois ….

Par contre … ça nous aura valu une drôle d’apparition …

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Un peu impatients de continuer notre route, nous levons finalement l’ancre malgré la grisaille …. Direction Ilha Grande, à 60 milles de Rio, la perle du Brésil pour les plaisanciers …………. via ce qui nous vaudra de dire, pour la première fois depuis  8 ans …… « Pour une fois, j’aurais préféré être dans un bureau  à la Défense »  …… 500 mètres de visi et de la pluie tout le long, jusqu’à ce que l’ancre soit jetée.

Mais le voile se lève …. Et nous découvrons au réveil une île paisible recouverte de verdure entourée de petits îlots aux eaux turquoises …. Juste à la limite du Tropique du Capricorne ………………

Nous vadrouillons dans  ces petits coins de paradis, de Ilha Grande à Parati, pendant 3 bonnes semaines.

Magnifique plan d’eau dont seuls les yachts à moteur et leurs bruyants propriétaires troublent la quiétude le week end.

Ballades, chutes d’eau, étude de la stabilité des bateaux (ça tient de « Navigation par gros temps » de Adlard Cole), petit village magnifique et coloré, rencontres, et surtout ………. derniers poissons multicolores, …. dernières baignades ………..

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Cette fois, ça y est …………..

Il est temps. Il est temps d’y  aller.

Au Sud. Beaucoup plus au Sud.

Nous sommes descendus de 37° de lattitude en 6 mois.

Nous sommes début novembre.

Il nous reste 32 ° à descendre … et pas des moindres. En 2 ou 3 mois.

 

A partir de Rio, tout peut arriver.

Quelques milles plus au Sud, il reste quelque abris, et puis, près de 500 milles sans abri correct, avant la Paloma en Uruguay.

Mais à partir de maintenant et  jusqu’au 48° sud, c’est le règne des  si redoutés Pamperos, ces vents qui déboulent à 60 nœuds en 5 minutes.

Nous attendent aussi le Rio de la Plata, 5m de fond, 200 milles, des centaines d’épaves.

Les 40 ème rugissants.

Les 50èmes hurlants.

Le fameux plateau continental argentin qui rend les mers si désordonnées et si creuses.

Les 500 milles terrifiants qui séparent le dernier port correct, Deseado, du Détroit de Lemaire, tout au bout de l’Amérique du Sud.

Et ce fameux détroit au croisement des courants, où lèvent des vagues de 10 à 20m.

 

Oui, la route est encore longue pour pouvoir admirer les sommets enneigés du Beagle …

Oui, il est temps.

 

Alors, au revoir les eaux chaudes, au revoir les baignades.

La sortie officielle du pays est faite.

Nous levons l’ancre, pensant nous rendre quelques 300 milles plus au Sud, à Florianopolis.

Mais les conditions sont bonnes, on ne s’arrête pas à ce dernier arrêt potentiel au Brésil. 

Nous naviguons très au large …. les milles défilent … nous sortons des eaux territoriales du Brésil … La Paloma en Uruguay est derrière nous, un petit front passe, nous apportant quelques 25-30 nœuds alors que nous entrons dans le Rio de la Plata … accompagnés par nos premiers albatros, ces oiseaux mythiques du Grand Sud … 

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Emotion.

Et Franck qui m’annonce un nouveau record : vitesse / profondeur sous la quille = 4 = 8 nœuds / 2 m sous la quille ….

Frisson.

Buenos Aires approche. Buenos Aires est là.

Minuit. Nous jetons la pioche dans l’avant port.

1200 milles en quelques 10 jours. Pas un pampero. Nickel.

 

Le Petit Prince en Argentine.

Encore une étape parcourue. Encore nos limites repoussées. Encore l’inconnu découvert.

Un peu plus loin.

 

A bientôt !

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